Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > Allo Docteurs : Ouragan Irma, des habitants traumatisés

Allo Docteurs : Ouragan Irma, des habitants traumatisés

le 15 septembre 2017

Après le passage de l'ouragan Irma, les équipes médicales doivent aussi prendre en charge les blessures psychologiques. 

Angoisses, cauchemars, sidération… À Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, les habitants sont traumatisés par ce qu'ils ont vécu. Certains souffrent de chocs traumatiques. Les explications du Dr Florian Ferreri, psychiatre.

Dr F. Ferreri : "On peut imaginer que les conséquences vont être très importantes. On est dans les critères du traumatisme avec une situation dans laquelle les personnes ont dû être effrayées, avoir un sentiment d’impuissance et se sont rapidement senties isolées. Elles ont vu des choses terribles autour d'elles. Donc là c'est une situation stressante. Le stress, c’est normal quand on doit faire face au danger, s’extraire d’une situation. Il y a un risque que cela développe ensuite un traumatisme, c’est-à-dire une mémoire traumatique, avec des flash-back de la scène ou l’impossibilité de sortir de chez soi et tout un tas de manifestations très invalidantes."

Dr F. Ferreri : "L’idée de ces cellules, c’est de pouvoir apporter une aide immédiate, un peu collée au Samu et de pouvoir offrir un espace d’écoute. On ne force pas les gens à verbaliser ce qu’ils ont vécu mais au moins on est là. On identifie ceux qui sont en stress dépassé, par exemple ceux qui sont sidérés, ceux qui ne bougent plus ou, au contraire, ceux qui sont agités, agressifs. On les repère. On prend leurs coordonnées. Ceux qui veulent parler dès à présent, on leur explique. On essaye de remettre un peu d’ordre dans ce chaos, notamment de l’ordre chronologique. Même s’ils ont le sentiment de ne pas être aidés, on leur montre qu’il y a de l’aide qui est là ou qui arrive. On essaye de redonner un peu de cohérence à tout ça. Et pour les plus sévèrement touchés, on va proposer une prise en charge médicamenteuse."

Dr F. Ferreri : "Les enfants sont vraiment des populations très vulnérables. Leur sentiment d’impuissance, de vulnérabilité est décuplé, surtout quand ils ont vu leurs parents dépassés par les événements. On imagine aussi la perte de l’école, du toit de la maison, une chambre dévastée… Ça peut marquer les esprits mais pas simplement sous la forme d’un souvenir désagréable. Il peut s’agit d’un souvenir traumatique qui s’imposerait à l’enfant et qui l’empêcherait de vivre normalement."

Source Allo Docteurs