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Figaro : Addictions, malnutrition, la Croix rouge alerte sur l’équilibre des jeunes Français

le 7 juin 2017

[Figaro] Selon le denier rapport de la Croix rouge française, l’état de santé des jeunes est préoccupant. Mauvaise perception de leur état de santé, hausse du nombre de SDF ou malnutrition: l’ONG tire la sonnette d’alarme.

La Croix rouge française a rendu son rapport sur la santé globale des jeunes, soulignant comme principaux facteurs de risque «l’inactivité physique, la consommation nocive d’alcool et le tabagisme». Dans la frange la plus précaire de la population française, d’autres éléments, comme la malnutrition, le mal-logement ou le non-recours aux soins, viennent également impacter de plus en plus l’équilibre de vie des moins de trente ans.

En 2016, 16% des personnes qui ont appelé le 115 (numéro d’urgence pour les SDF) avaient moins de 25 ans. En constante augmentation depuis des années et en croissance de 11% par rapport à l’année précédente, ce chiffre alarmant se retrouve sur le terrain pour les équipes de la Croix rouge. Entre 2014 et 2015 par exemple, la part des 18-30 ans rencontrées par les équipes mobiles de l’ONG française est passée de 20 à 27%. «Plus alarmant encore, la part des mineurs, accompagnés ou non, a explosé en un an, passant de 4% en 2014 à 9% en 2015.

Une perception négative de leur état de santé

Cette grande précarité grandissante chez les plus jeunes se retrouve nécessairement dans leur équilibre de vie. Le non-recours aux soins, par exemple, pour des raisons majoritairement financières (48% des cas), touche 5.8% des 20-29 ans, contre 4,7% des 40-64 ans. D’autre part, les jeunes ont une perception assez négative de leur état de santé: près d’un jeune sur trois (27%) de plus de 25 ans jugent leur état de santé comme «moyen» et 9,2 % considèrent que leur santé est mauvaise ou très mauvaise».

Le rapport aux soins diffère selon le sexe: les jeunes femmes sont bien plus à même que les hommes à aller rencontrer leur médecin généraliste: «82 % des femmes déclarent avoir consulté un médecin généraliste contre 70 % pour les hommes».

Du mieux concernant le tabagisme

La (mal)nutrition, autre volet important abordé par l’étude, est aussi remise en question par la Croix rouge. Un exemple: 6,4% seulement des 12-30 ans interrogés ont déclaré avoir mangé cinq fruits et légumes dans la journée précédant l’interview. Plus inquiétant, la boulimie et l’anorexie mentale, surtout chez les jeunes femmes, deviennent récurrentes. Près d’une jeune femme sur deux déclare avoir «déjà eu l’impression de manger plus que de raison tout en éprouvant de la peine à s’arrêter» Quant à l’anorexie mentale, elle concerne 0,5% de ces jeunes filles, près de vingt fois plus que chez les garçons (0,3%).

L’étude souligne ensuite les problèmes liés aux addictions chez les jeunes aux produits licites (tabac, alcool) ou illicites (cannabis). Il en ressort que le tabagisme est le premier facteur de risque chez cette population. Même s’il date de 2011, le chiffre cité d’un garçon de 17 ans sur trois qui fume quotidiennement est alarmant. Depuis, de multiples campagnes (interdiction de faire de la publicité sur les lieux de vente, paquets neutres...) ont tenté d‘inverser la tendance, avec un certain succès chez la population jeune, selon l’institut de veille sanitaire.

Malgré tout, une grande majorité des jeunes se dit heureuse

En ce qui concerne l’alcool, décrit dans le rapport comme «première substance psychoactive en termes de niveau d’expérimentation, d’usage occasionnel et de précocité d’expérimentation», les premières ivresses constatées arrivent en moyenne à 15,2 ans, avec une plus grande consommation chez les garçons que chez les filles. Le cannabis, enfin, «premier produit psychoactif illicite consommé à l’adolescence» est testé en moyenne à l’âge de 15,3 ans, avec une frange importante des adolescents de 17 ans (5%) représentant un «risque élevé d’usage problématique.» 

Source Figaro