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Figaro : Excès d’alcool, un nouveau gène mis en cause

le 15 décembre 2016

[Figaro] Des chercheurs viennent de mettre à jour l’existence d’un gène qui donne envie de boire de l’alcool.

La consommation excessive d’alcool est un problème de santé publique majeur dans le monde. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 3,3 millions de personnes seraient décédées en 2012 suite à des problèmes liés à cette consommation. Aujourd’hui, on sait que des facteurs génétiques et environnementaux jouent un rôle dans la consommation excessive d’alcool, mais les connaissances restent parcellaires.

Des chercheurs du King’s College de Londres et de l’Université du Texas ont identifié un nouveau gène impliqué dans la consommation d’alcool, et publient les résultats de leurs travaux dans la revue Proceedings of National Academy of Sciences.

Un gène inhibiteur

En étudiant le génome d’une cohorte de plus de 105.000 individus, les chercheurs ont identifié une protéine (bêta-Klotho) impliquée dans la régulation de la consommation d’alcool. Cette protéine commande le fonctionnement d’une hormone produite par le foie et inhibant la consommation de sucre et d’alcool (FGF21).

Les chercheurs ont ensuite voulu tester ce gène en mesurant la consommation d’alcool chez des rats génétiquement modifiés. Ils ont divisé ces derniers en deux groupes, chacun présentant une version différente de la protéine, puis leur ont injecté l’hormone censée inhiber la consommation d’alcool. Les rats étaient ensuite placés dans des cages où ils pouvaient choisir de boire soit de l’eau, soit de l’alcool. Les rats présentant une version défectueuse du gène avaient une consommation d’alcool plus importante que ceux du groupe test. «Ces résultats suggèrent que bêta-Klotho joue un rôle dans le contrôle du désir de boire de l’alcool», observe David Mangelsdorf, l’un des auteurs principaux de l’étude.

Développement de traitements

«Nos résultats montrent qu’il existe une cible thérapeutique (bêta-Klotho), qui pourrait être exploitée pour diminuer l’envie de boire», affirme David Mangelsdorf. «Cette découverte pourrait fournir de nouvelles opportunités de développement de traitements qui réguleraient l’envie de boire, en ciblant le mécanisme d’action coordonnée du foie et du cerveau jouant un rôle dans la régulation de “l’appétit” pour l’alcool», précise Gunter Schumann, coauteur de l’étude.

«C’est résultats sont très intéressants, puisqu’ils sous-tendent qu’on pourrait identifier les gens génétiquement plus à risques, ou vulnérables, de développer des problèmes liés à la consommation d’alcool», affirme Nicolas Simon, alcoologue au CHU de Marseille.»En outre, ils suggèrent que l’on pourrait régler ces problèmes en agissant directement sur la boucle foie-cerveau identifiée dans cette étude comme responsable de cette consommation.»

Source Figaro