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Figaro : Le traitement de la dépression par la privation de sommeil ?

le 18 octobre 2017

L’efficacité de la privation de sommeil est prouvée en cas de dépression sévère, et la compréhension de ce phénomène pourrait ouvrir la piste à de nouveaux traitements.

Priver une personne de sommeil est brutal, désagréable et rapidement délétère pour son organisme. Paradoxalement, chez les personnes souffrant de dépression, c’est au contraire un traitement reconnu et très efficace, qui fait l’objet de recherches médicales depuis les années 1960.

Certains en ont déjà fait l’expérience à leur insu. Un avion à prendre à l’aube ou une soirée qui s’éternise, une nuit très écourtée, et les voilà affrontant la journée avec 4 heures de sommeil, épuisés mais vibrant pourtant d’une énergie bizarre, légèrement euphorisante. C’est cette même propriété de la nuit blanche qui est employée pour traiter les déprimés. L’efficacité est spectaculaire pour une maladie contre laquelle il n’est pas rare de manquer d’options thérapeutiques. Mais ce traitement naturel résiste encore à la compréhension du monde médical, qui cherche comment l’optimiser.

Pour faire le point sur les découvertes des dernières années, l’équipe du Pr Philip Gehrman (université de Pennsylvanie) a passé au crible 66  études sur la privation de sommeil en traitement de la dépression, y compris chez les personnes bipolaires.

La méta-analyse publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry confirme l’efficacité importante de la privation de sommeil pour réduire les symptômes de la dépression, chez environ un malade sur deux (44 à 50 %). Autre avantage de la méthode: l’effet est immédiat. «Nous y avons parfois recours pour des patients très suicidaires, dont on craint qu’ils ne passent à l’acte dans les heures qui viennent et pour lesquels on a besoin d’une action très rapide», illustre le Pr Emmanuelle Corruble, chef du service de psychiatrie à l’hôpital Bicêtre (APHP).

Source Figaro