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Idée Livre : Vivre et travailler autrement de Dominique Lhuilier et Anne-Marie Waser

le 28 juin 2017

[Le Monde] Travailler avec une maladie chronique, c’est d’abord choisir de se maintenir au travail. Mais sous quelle forme privilégier le maintien en emploi : Dominique Lhuilier et Anne-Marie Waser détaillent le retour à l’emploi et l’évolution des trajectoires professionnelles de salariés atteints d’une maladie chronique. 

Comment travailler avec une maladie chronique ? Dans leur essai Que font les 10 millions de malades ? , la psychologue du travail Dominique Lhuilier et la sociologue Anne-Marie Waser s’appuient sur plusieurs enquêtes pour détailler le retour à l’emploi, les conditions de travail et l’évolution des trajectoires professionnelles de salariés atteints d’une maladie chronique.

Elles analysent les dilemmes auxquels ils sont confrontés pour « vivre avec » dans la durée, en fonction de l’entreprise, de son management, de leur fonction et de la stabilité de leur emploi. « La précarité sanitaire amplifie la précarité sociale… et réciproquement », rappellent-elles. Puis les auteures relatent les solutions développées par les entreprises.

Travailler avec une maladie chronique, c’est d’abord choisir de se maintenir au travail, car « le travail favorise une euphémisation, voire un déni de la maladie. (...) un rapport différencié au corps, à la maladie, au soin et à la vulnérabilité », et que « seule la sollicitation permet le développement des ressources psychiques nécessaires à la lutte contre la maladie » écrivent les auteures.

Mais sous quelle forme privilégier le maintien en emploi : télétravail, mi-temps thérapeutique, aménagement du poste ? L’ouvrage aborde les difficultés rencontrées pour trouver sa place dans l’organisation de travail, sans alourdir la charge de travail des collègues.

Une incitation à taire sa maladie

Côté salarié-malade, « la réflexion porte sur toutes les dimensions de l’engagement, sur ce à quoi on tient et ce que l’expérience de la vulnérabilité conduit à refuser ». La maladie opère un recentrage sur soi-même ; c ôté organisation, elle introduit vulnérabilité et désordre, car la norme du travail veut que le malade sorte de l’entreprise, et soit mis en arrêt maladie.

Source Le Monde