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Infirmiers.com : Après les attentat de Nice, des urgences somatiques au soutien psychique

le 9 septembre 2016

[Infirmiers.com] A Nice, l'attaque terroriste du 14 juillet 2016 a causé la mort de 86 personnes - 76 adultes et 10 enfants et adolescents. A ce funeste bilan s’ajoutent 434 personnes blessées, 48 d'entre elles se sont trouvées en état d’urgence absolue. Mais ce décompte officiel ne fait pas apparaître les victimes de blessures non physiques, appelées psycho traumatiques.

Les troubles psycho traumatiques submergent les victimes, leurs proches et les personnes présentes sur les lieux qui ont été durablement choquées par cette tragédie. Sont également concernés les secouristes et les hospitaliers confrontés à des situations hors du commun, violentes et saisissantes. Le CHU de Nice, qui a accueilli la majorité des victimes traumatiques, a déployé deux dispositifs de consultations psycho traumatiques à l’attention des usagers, et de ses personnels. Selon le Pr Michel Benoit, chef du service psychiatrie d’adultes au CHU de Nice, en charge de la coordination de ces soutiens, plus de 500 usagers ont eu à ce jour recours à ce soutien. Pour les prendre en charge, l’équipe de psychologues et de psychiatres du CHU a été mobilisée et le reste encore car ces cicatrices ne sont pas toutes dépistées et mettent du temps à se refermer. Pour Réseau CHU, le Pr Michel Benoit revient sur l’organisation des soins psycho traumatiques et sur ce terrible événement qui marquera à jamais l’histoire de Nice et de son CHU.

Plus de 700 consultations psycho traumatiques

Immédiatement, le Samu et tous les services du CHU se sont concentrés sur les urgences somatiques. Une fois ces soins prodigués, nous avons pu dépister le stress post-traumatique. Il peut s’agir d’anxiété extrême, d’états sur le « qui-vive », de repli sur soi, d’images répétitives reprenant les épisodes effroyables… avec des retentissements à court et long terme selon les personnes. Dés le 21 juillet, des consultations psycho traumatiques ont été ouvertes sur chacun de ses trois principaux sites du CHU, sur l’hôpital pédiatrique Lenval et sur les différents Centres médico-psychologiques de l’agglomération. Au total plus de 700 consultations ont été réalisées.

De la même manière, le soutien aux professionnels s’est organisé très vite, notamment par des débriefings de groupe qui se déroulés dès le lendemain de l’attentat. Un dispositif plus large de prise en charge individuelle et collective a ensuite été mis en place par les équipes de psychiatrie et de psychologie en lien étroit avec Direction des Ressources Humaines : Nous devions intervenir au plus tôt afin de dépister de manière précoce les souffrances des personnels et mettre rapidement un sens sur leur plainte, sur l’horreur qu’ils avaient côtoyée. Nous étions là pour les aider à situer ce drame dans leur l’histoire personnelle. Nous devions aussi les soutenir pour qu’ils se remettent, pour être fort après et retrouver au plus tôt le sentiment d’efficacité au travail. Telle était notre mission. Surtout, nous devions éviter que cet événement n’aggrave la souffrance au travail.

Pour la direction des ressources humaines, l’institution se devait d’être à la hauteur du dévouement et du professionnalisme de ses agents : Les personnels avaient été exemplaires et solidaires, dans leur réponse aux blessés. Ils n’ont pas hésité à revenir spontanément, à proposer leurs services, à retarder parfois leurs congés, à rester à leur poste autant que nécessaire. En retour l’institution se devait d’apporter une réponse de la même qualité aux souffrances de ses agents   a déclaré Pauline Robineau, Directrice Adjointe des Ressources Humaines.

Source Infirmiers.com