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Infirmiers.com : Le somatique "trop souvent négligé" par les soignants en psychiatrie

le 11 juillet 2016

[Infirmiers.com] Chez les patients atteints de troubles mentaux, le suivi somatique est "trop souvent négligé", a dénoncé mardi Béatrice Borrel, présidente de l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam), lors du congrès "soins somatiques et douleur en santé mentale" organisé à Paris par l'Association nationale pour la promotion des soins somatiques en santé mentale (ANP3SM).

Béatrice Borrel intervenait dans le cadre d'une table ronde sur "le ressenti des usagers sur la prise en charge globale en 2016 ", qui réunissait également le Dr Djéa Saravane, président de l'ANP3SM, praticien hospitalier et responsable du centre régional soins somatiques et douleur en santé mentale et autisme de l'établissement public de santé (EPS) Barthélémy-Durand à Etampes (Essonne), le Dr Nabil Hallouche, praticien hospitalier de l'hôpital Maison-Blanche à Paris et le Pr Emmanuelle Corruble, psychiatre au centre hospitalier universitaire (CHU) du Kremlin Bicêtre (AP-HP) à Bicêtre (Val-de-Marne).

"Les psychiatres, souvent, ne se préoccupent pas du suivi somatique de leurs patients ; ils ne sont pas coordonnés avec les médecins généralistes, et prennent très peu en compte les comorbidités addictives ", a pointé la présidente de l'Unafam.

Elle a rappelé que les malades psychiques avaient un recours aux soins somatiques moins fréquent, ce qui s'explique aussi par une image d'eux-mêmes négative . Ils ne sont pas dans la demande de soins, et souvent n'expriment pas leur douleur physique , a-t-elle souligné. Leur accès aux soins est également compliqué du fait de leur précarité sociale, leur méconnaissance du dispositif de soin, les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous et enfin le manque de prise en compte de leur anxiété lors de ceux-ci. Dès lors, c'est soit la famille ou l'entourage qui doit rappeler au malade psychique la nécessité des analyses, examens ou rendez-vous dentaires, soit il n'y a aucun dépistage, ce qui signe l'apparition de nouvelles maladies chroniques et peut conduire à une mort prématurée , a expliqué Béatrice Borrel. Nous demandons que la prise en charge somatique des personnes souffrant de pathologies psychiques chroniques sévères soit reconnue comme une priorité de santé publique , a-t-elle martelé. Cette prise en charge doit être organisée en définissant des règles de collaboration, notamment pour ce qui est de la transmission réciproque d'informations sur l'état de santé de la personne, avec son accord , a-t-elle poursuivi. Elle a demandé que la formation initiale et continue des médecins, psychiatres ou généralistes, prenne mieux en compte les problèmes somatiques des personnes souffrant de maladies psychiques, que le rôle des acteurs des secteurs paramédical et médico-social ainsi que de l'entourage soit explicité et valorisé, et enfin que l'éducation thérapeutique de ces personnes et de leurs proches soit développée.

Source Infirmiers.com