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Infirmiers.com : "Les Français et le deuil", un enjeu de santé publique ?

le 1 décembre 2016

[Infirmiers.com] Vécu à un moment ou un autre de la vie, le deuil a des conséquences multiples, notamment sur la santé. Pourtant, ses effets sont très largement sous-estimés, comme le révèle une enquête intitulée « Les Français et le deuil » menée en 2016 par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) à la demande de la Chambre syndicale nationale de l’art funéraire (CSNAF).

De quelle façon(s) les Français vivent leur deuil ? Une question a laquelle le CREDOC a tenté de répondre en menant une enquête auprès d'environ 3 100 personnes pour la Chambre syndicale nationale de l’art funéraire (CSNAF). Si l'étude confirme que le deuil a été vécu au moins une fois par une large majorité de Français, elle révèle des conséquences physiques et psychiques trop souvent négligées.

La période de deuil durerait plus de cinq ans pour 42 % des personnes concernées.

Les effets du deuil trop sous-estimées

La durée exacte du deuil ne peut être déterminée, toutefois ses incidences sont aujourd'hui mieux connues. On estime en effet que 39 % des personnes endeuillées ont souffert de conséquences psychologiques et 48 % ont ressenti une grande fatigue physique jusqu'à un an après le décès. Mais, le deuil ne provoque pas seulement des effets psychologiques, ses [conséquences] sont nombreuses et cumulatives, au point de considérer (...) des dépréciations en cascades, explique la Chambre syndicale nationale de l’art funéraire. Pour cause, 27 % des endeuillés auraient des troubles relationnels les poussant au repli sur soi et à un appauvrissement de leurs liens sociaux. Sur le plan professionnel, 56 % ont été contraints d'interrompre leur activité (arrêt maladie, congés sans solde…) et 18 % ont montré des signes d'épuisement et/ou de défaillances.

56 % des personnes en deuil ont dû interrompre leur activité professionnelle.

L'accompagnement en fin de vie : un moyen d'apaiser le deuil des proches

L'une des conséquences d'une sous-estimation des incidences du deuil est l'absence d'accompagnement des personnes touchées. 92 % des personnes endeuillées déclarent en effet n'avoir reçu aucune aide des hôpitaux et services publics. De leurs côtés, il n'est pas systématique pour elles de se tourner vers un professionnel de santé puisque 77 % renoncent à faire appel à un médecin et 84 % n'ont consulté aucun psychologue malgré leurs souffrances.

Le rôle des soignants dans l'apaisement du deuil est pourtant primordial et pas uniquement après la mort du proche. L’accompagnent en fin de vie aide ceux qui restent à surmonter leur deuil puisque pour 52 % d'entre eux l'impact du deuil est positif à l'unique condition que le défunt ait été très bien pris en charge par l'équipe soignante. En outre, pour 35 % des personnes endeuillées, le fait que la fin de vie du proche ait pu être vécue dans de bonnes conditions a eu un impact (très) positif sur leur deuil, souligne la CSNAF. Par conséquent, un fort accompagnement lors de la fin de vie et des obsèques permet d'avoir un deuil plus apaisé ou du moins y contribue fortement. Alors bien plus qu'une période pénible et douloureuse de la vie, le deuil représente avant tout un travail commun, communautaire qui dépend des initiatives de ceux qui accompagnent et qui ont ainsi un rôle essentiel.

Consulter l'étude du CREDOC

Source Infirmiers.com