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Le Cercle Psy : HiTOP, la classification top du top ?

le 4 mai 2017

[Le Cercle Psy]  Typiquement, la psychiatrie clinique s’organise autour de systèmes de classifications des maladies mentales, aussi appelées nosologies. Ces grandes classifications, comme le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ou la CIM (Classification Internationale des Maladies de l’OMS) proposent d’envisager la maladie mentale en termes de catégories. Celles-ci sont considérées comme indépendantes les unes des autres et définies par des listes de critères diagnostiques.

S’ils sont assez incontournables dans le domaine de la clinique et de la recherche en santé mentale, ces systèmes ne posent pas moins certains problèmes. L’approche par catégorie en constitue un premier, car de plus en plus en recherches montrent que la psychopathologie existe plutôt sur un continuum. Par ailleurs, les diagnostics restent peu constants d’un clinicien à l’autre. Certaines catégories semblent trop larges, d’autres trop restreintes (avec des patients qui ressortent « sans diagnostic » alors que leur détresse est réelle). Enfin, ces systèmes n’abordent presque pas la question des comorbidités (présence de plusieurs diagnostics) alors que cette situation est plutôt la règle que l’exception. Pour répondre à ces problèmes et proposer un outil utile pour la recherche et la clinique, un consortium d’experts issus de différentes disciplines en santé mentale travaille depuis maintenant plusieurs années à la mise en place d’un système pertinent, basé sur les données cliniques et expérimentales et qui permette de dépasser les limites des classifications traditionnelles. Ce système, the Hierarchical Taxonomy of Psychopathology ou HiTOP, se base sur la cooccurrence et la covariation réelle des symptômes pour créer une classification sans a priori sur la structure. Autrement dit, on ne part plus du principe que les maladies mentales s’organisent en catégories, on part de la réalité scientifique et clinique pour, a posteriori , dégager des recoupements entre les symptômes. La méthode utilisée pour y arriver, l’analyse factorielle, permet d’extraire des groupes de variables sur base de corrélations entre les données. Par exemple : si deux symptômes ou deux troubles apparaissent fréquemment ensemble, ils seront fortement et positivement corrélés et inclus dans la même variable. Après plusieurs années de travail et de recherches donc, le consortium HiTOP a abouti à un système opérationnel qui a commencé à être testé dans une poignée d’études. Mais au niveau de la réplication, de la validation et surtout, de la diffusion, beaucoup de choses restent à faire. Le système en question, consultable dans son intégralité sur le site du consortium (https://medicine.stonybrookmedicine.edu/HITOP ), s’organise donc de façon hiérarchique : du plus général (le spectre et les dimensions ), aux traits et symptômes . Cette organisation « en entonnoir » permet notamment de comprendre les comorbidités classiques. 

Source  Le Cercle Psy