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Le Figaro : En quoi la société favorise les addictions ?

le 1 mars 2018

Du petit café du matin à la cigarette de la pause déjeuner en passant par l’achat compulsif du samedi, nous sommes tous accro à quelque chose. Et ce n’est pas anodin.

Toujours plus, tout de suite, n’importe où: notre monde moderne est un monde d’addicts. C’est le point de vue défendu par plusieurs psychologues et philosophes, dont Cynthia Fleury, également psychanalyste. «Se dire addict, c’est d’abord souvent une manière d’amoindrir le problème. “Toxico”, “drogué”, ce serait tout de suite plus violent. Addict, c’est presque un gimmick, le prix de la modernité. Si on est addict, c’est qu’on suit la tendance», explique-t-elle. Un point de vue partagé par le sociologue Patrick Pharo, selon lequel «on ne rencontre pas dans les sociétés précapitalistes de phénomène d’addiction de masse, comme c’est le cas dans les sociétés contemporaines».

Les auteurs du dernier Baromètre santé à l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) renforcent cette conviction. Entre 2010 et 2016, par exemple, le pourcentage des fumeurs quotidiens n’a en effet cessé d’augmenter parmi les Français à faibles revenus, en passant de 35,2 % à 37,5 %. Pour l’expliquer, le rapport avance l’existence d’une «norme sociale en faveur du tabagisme».

Abus et dépendance

La même explication pourrait être avancée s’agissant de l’alcool, et notamment de la pratique du binge drinking, très en vogue chez les jeunes depuis le début des années 2000. Cette pratique d’alcoolisation intensive, le psychologue et président de la Fédération Addiction Jean-Pierre Couteron la relie au concept de société «addictogène».

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