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Le Figaro : Schizophrène et meurtrier, l'hôpital et un médecin en correctionnelle

le 9 novembre 2016

[Le Figaro] Un centre psychiatrique de Grenoble et un ancien médecin de l'établissement sont jugés à partir de ce mardi pour homicide involontaire, après le meurtre, en 2008, d'un étudiant par un patient schizophrène. C'est la première fois en France qu'un psychiatre praticien hospitalier est poursuivi pénalement.

Après huit ans de rebondissements juridiques, le centre hospitalier de Saint-Egrève et le Dr Lekhraj Gujadhur devront expliquer comment Jean-Pierre Guillaud, déjà auteur de plusieurs agressions à l'arme blanche, a été autorisé à des sorties non surveillées dans le parc de l'établissement et a pu le quitter sans difficulté.

Ce 12 novembre 2008 dans le centre-ville de Grenoble, situé à une dizaine de kilomètres de l'hôpital, il poignarde Luc Meunier, étudiant de 26 ans. Hospitalisé depuis la fin des années 1970, sujet à des hallucinations et des pulsions morbides, cet homme de 56 ans lors des faits a été déclaré pénalement irresponsable en 2011 et placé en unité pour malades difficiles.

Dans une affaire similaire, une psychiatre marseillaise avait été condamnée en 2012  à de la prison avec sursis avant que la cour d'appel d'Aix-en-Provence n'éteigne les poursuites en 2014 pour cause de prescription des faits, mais elle exerçait en libéral.

De plus, «pour les médecins psychiatres, c'est une première qui devrait ne jamais avoir eu lieu et ils sont très inquiets parce que, face à ce genre de malades, si on les accuse de prendre un risque, il faut trouver des cellules fermées et ça n'existe pas en France!» a-t-il ajouté.

Ce fait divers, intervenu pendant le mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy, avait fait réagir toute la classe politique. Le chef de l'Etat avait fait part de sa «consternation» après le meurtre, et avait chargé dès le lendemain ses ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé «de préparer sans délai une réforme en profondeur du droit de l'hospitalisation psychiatrique ».

La création d'un fichier national des hospitalisations d'office  était l'une des réponses à ce drame. Cette réforme devait «mieux encadrer les sorties des établissements» et «améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui». Outre donc la création de ce fichier national, il devait également s'agir de «clarifier le partage des compétences administratives dans le pilotage de ces dossiers», précisait un communiqué de l'Elysée.

Source Le Figaro