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Le Monde : Bore-out ou le voyage au bout de l’ennui

le 12 mai 2016

[Le Monde] "Je m’ennuie à mourir", confie Mélissa (les témoins ont souhaité rester anonymes). Diplômée d’un master en droit banque et assurance, la jeune fille de 28 ans est juriste-conseiller par téléphone pour une compagnie d’assurances. "Les questions sont tellement récurrentes que je suis devenue un robot. Sans perspective d’évolution, je suis totalement démotivée", explique la jeune femme.

Résultat, Mélissa déprime : "Je suis à saturation. J’ai des palpitations en voyant l’immeuble de mon entreprise. Quand je rentre chez moi, je n’ai aucune force et je ne fais rien." Elle souffre d’ennui au travail. Et elle n’est pas la seule.

C’est ce qu’on appelle le bore-out, inspiré du mot « boring » (ennuyeux en anglais). "Etre en bore-out, c’est être à bout, par manque de travail, de motivation ou de défis professionnels", écrit le docteur François Baumann dans Le Bore-out. Quand l’ennui au travail rend malade (Josette Lyon, 2016).

Peter Werder et Philippe Rothlin, deux consultants suisses, ont pour la première fois nommé ce phénomène dans Diagnose Boreout (en allemand, Redline Wirtschaft, 2007). Selon eux, 15 % des salariés seraient touchés. Christian Bourion, professeur à ICN Business School Nancy-Metz et auteur de Le Bore-out syndrom. Quand l’ennui au travail rend fou (Albin Michel), évalue plutôt à 30 % le nombre d’employés atteints. Chiffrer le bore-out est particulièrement difficile car il est tabou.

Source Le Monde