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Le Monde : Des « traitements inhumains » en psychiatrie au Centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne

le 1 mars 2018

Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a saisi en urgence le gouvernement pour mettre fin à des violations de la dignité et des droits des patients

La dernière fois que le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) avait fait usage de la procédure d’urgence pour alerter publiquement le gouvernement sur une situation qu’il jugeait alarmante, c’était en décembre 2016 au sujet de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), notoirement insalubre et occupée à plus de 200 %. Les mêmes termes de « traitement inhumain ou dégradant » se retrouvent aujourd’hui sous sa plume au sujet des conditions de vie de certaines personnes hospitalisées au pôle de psychiatrie du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Etienne.

Les constats établis lors d’une visite réalisée du 8 au 15 janvier, résumés dans ses recommandations publiées au Journal officiel  (JO) du jeudi 1er mars, sont édifiants. Faute de lits disponibles en psychiatrie, certains patients sont « stockés » au service des urgences. Au moment du passage de l’équipe de contrôleurs de l’autorité indépendante, cinq patients relevant de la psychiatrie se trouvaient ainsi aux urgences générales du CHU depuis trois ou sept jours. « Ils n’avaient pu ni se laver, ni se changer, ni avoir accès à leur téléphone portable »,  écrit Adeline Hazan, la contrôleuse générale.

« Pratique générale d’isolement et de contention »

Au total, les urgences de l’hôpital accueillaient, à la mi-janvier, vingt patients de psychiatrie, dont treize étaient sur des brancards dans les couloirs. Sept personnes « faisaient l’objet de contentions au niveau des pieds et d’une ou des deux mains »,  qu’elles soient sous le régime de l’hospitalisation sans consentement ou en soins libres.

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