Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > Le Monde : Les psy au chevet d’une France sous le choc

Le Monde : Les psy au chevet d’une France sous le choc

le 24 novembre 2015

[Le Monde] Avant toute chose, il fallait s’occuper des survivants. Ceux qui s’étaient trouvés au cœur des attentats, blessés ou à portée de balle, dans la rue ou dans l’enfer du Bataclan, ceux qui avaient vu tomber des proches, mourir des amis.

A tous ceux-là, le soutien médico-psychologique était indispensable et le restera peut-être longtemps. Mais ils ne seront pas les seuls à avoir besoin d’aide. Quelques heures à peine après les fusillades, les médecins qui ont porté les premiers secours plongeaient dans l’horreur. Et pour eux, également, rien n’est plus tout à fait pareil depuis la soirée du 13 novembre.

« Tout le monde est groggy, sonné. Il y a une pesanteur, une lourdeur qui va demander beaucoup de temps pour être évacuée »,  reconnaît le docteur Jean-Paul Fontaine, chef du service des urgences de l’hôpital Saint-Louis, dans le 10e arrondissement de Paris, qui a pris en charge 27 victimes cette nuit-là. Ici, la proximité de plusieurs sites attaqués crée un rapport particulier avec les actes terroristes. Il y a ceux qui, trop fatigués ce vendredi soir, avaient renoncé à la dernière minute à aller boire un verre au Carillon. Ceux qui ont entendu les tirs en terminant leur service, ceux qui sont revenus à pied, à vélo, en voiture dès qu’ils ont su… Pour le responsable de l’équipe, ce qui s’est passé ce soir-là est « inédit, inimaginable ».  Même pour des soignants qui ont « une certaine proximité avec la mort » .

Source Le Monde