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Les Inrocks : Comment la psychanalyse peut-elle résister à l'air du temps ?

le 18 janvier 2018

Alors qu'elle fait l'objet d'attaques répétées, la psychanalyse se défend comme elle peut. Deux psychanalystes, Clotilde Leguil et Elsa Godart, vantent les vertus essentielles de leur pratique pour échapper aux effets délétères de l'époque et s'affirmer comme sujet singulier.

Dans le champ du savoir en ce début du XXIe siècle, mais aussi celui de la prise en charge des névroses contemporaines, la psychanalyse fait grise mine. Face aux aspirations sociales dominantes, dégagées de tout effort appuyé pour explorer les caves de son inconscient (pas le temps, d’autres choses à faire..), face aussi à l’effet de présence de plus en plus marquant des psy comportementalistes anglo-saxons, et à l’apparition de nouvelles approches du cerveau (neurosciences…), elle semble ne plus faire le poids : l’épreuve de la cure analytique suscite moins le désir que celui provoqué par d’autres types de traitement des souffrances psychologiques, plus rapides, moins contraignants, magiques en apparence.

Bref, depuis vingt ans, la psychanalyse a perdu de son souverain magistère sur les âmes en souffrance. Du Livre noir de la psychanalyse au pamphlet de Michel Onfray contre Freud, Le Crépuscule d’une idole, les attaques se sont répétées, sans parler des nouveaux spécialistes du bien-être ou de la méditation qui excluent le geste de la parole des processus de guérison. On ne veut plus se prendre la tête, et surtout ne plus l’allonger sur un divan, cet objet fétichisé du XXe siècle disparu au profit d’un tapis de sol pour méditer ou faire du yoga. Après tout, Jacques Lacan ne prophétisait-il pas lui-même, en 1977 (dans un entretien au Nouvel Observateur) que “dans très peu de temps, tout le monde se foutra de la psychanalyse“.

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