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Libération : L'inquiétante banalisation de la contention

le 4 mars 2018

Les dérives se multiplient concernant la prise en charge des malades mentaux. Agnès Buzyn reste étonnamment en retrait.

Pour justifier les réformes de notre système hospitalier, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, met souvent en avant la question de « la pertinence des soins ». Ce qui se passe actuellement dans la psychiatrie publique en est un triste exemple. Les révélations de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté sur la psychiatrie au CHU de Saint-Etienne font suite aux traitements inhumains pointés à l’hôpital psychiatrique d’Amiens ou encore aux révélations sur la situation de l’hôpital psychiatrique de Bourg-en-Bresse avec des patients enfermés pendant plusieurs années.

Bref s’accumulent une série de signaux inquiétants sur les pratiques, pointant une prise en charge «indigne» des malades mentaux en France. Bien loin de la pertinence élémentaire que l’on pourrait attendre. On n’est plus dans une mauvaise prise en charge, mais dans une maltraitance avérée, qui parfois pourrait relever de la justice.

Banalisation

Cette dérive est d’autant plus inquiétante qu’elle s’institutionnalise. Depuis dix ans, on assiste à la multiplication dans tous les services de psychiatrie de chambres d’isolement, qui n’existaient pas il y a vingt ans. On constate une banalisation des pratiques de contention. Tout cela intervient dans un contexte de hausse régulière des hospitalisations sans consentement. «Quoi qu’on en dise, toutes ces pratiques sont des échecs de prise en charge», nous disait l’ancien député socialiste Denys Robiliard, auteur de rapports sur le sujet. «La contention est un indicateur de la bonne ou de la mauvaise santé de la psychiatrie. Plus la psychiatrie va mal, plus la contention sera utilisée», répète souvent Jean-Claude Pénochet, président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux.

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