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Psycogitatio : "Education Populaire Debout", interventions et débats autour de la médecine et de la santé

le 6 juillet 2017

[Psycogitatio] Une série d’interventions et de débats Place de la République  Place de la république, la commission éducation populaire debout continue de tenir régulièrement débats et interventions sur un vaste éventail de thème. Une rubrique peut nous intéresser plus particulièrement: Santé et médecine.

Pour comprendre un peu mieux ce qu’est ce lieu issu du mouvement Nuit Debout, voici un extrait de la Charte que l’on trouve sur leur site: « Nous, citoyen.ne.s indépendant.e.s, faisons vivre un espace de débat et de partage des savoirs sur la Place de la République à Paris, depuis le dimanche *41 mars* 10 avril 2016. Ce lieu a vocation à proposer une autre forme de transmission et de mise en commun des savoirs et des pratiques, hors des cadres scolaires et médiatiques. En cela, nous, collectif d’indépendant.e.s,auto-géré, voulons continuer à faire vivre ce lieu et cette communauté quotidiennement et permettre ainsi aux débats de s’y tenir. Notre fonction est avant tout organisationnelle mais chacun.e de nous reste libre de s’exprimer lors des débats, le sujet est choisit par l’intervenant.e, ses propos n’engagent que lui/elle et pas Debout Éducation populaire. »

Adèle vient parler par exemple de la logique hospitalière: contrôle, évaluation des pratiques, etc qui enlèvent du temps consacré au patient et fait rentrer les soignants dans des logiques économiques de rentabilité. Elle constate que l’homogénéisation des soins, sous couvert d’une idée d’égalité d’accès aux soins, conduit à un mouvement d’uniformisation, nivelant vers le bas les pratiques et amenant à réduire le patient à un dossier.
Étonnamment, le débat s’oriente vers la psychiatrie et la psychanalyse. Les interventions de l’assemblée s’orientent notamment vers une critique de la psychanalyse, qui remplacerait des soins médicaux ou une aide sociale, et inviterait donc à rabattre les problèmes ou les maladies sur l’individu -sa responsabilité voire sa culpabilité – et à les extraire d’un système sociétal.

Clément vient poser la question: pourquoi l’addiction au jeux vidéos n’existe pas?  Il reprend ainsi la définition de l’addiction, premièrement liée à l’absorption d’une substance, modifiant le cerveau et créant un sentiment de manque pour ensuite dériver vers des addictions sans substance, liée à un comportement (addictions au jeu, au sexe, etc). Il dénonce ainsi le courant selon lequel tout ce qui serait agréable, donc renouvelé pour retrouver cette sensation, relèverait de l’addiction. Il en conclut que tous comportements répétitifs glisseraient dans le champ médical. Il interroge ainsi la pathologisation des comportements jugés déviants et l’idéologie dont ce courant découle.

Luca vient parler de la psychiatrie en Italie. Il aborde le glissement de la psychiatrie vers un soin sous contrainte; ce qu’il critique en disant que la contrainte est liée au contrôle dans un domaine où la folie ne permet pas de tout prévoir et de tout contrôler. Dans ce cadre, il parle du statut de psychiatre comme un contrôleur de la société qui évalue le risque et le danger que représente un patient pour la société, qui juge donc des actes qu’il pourrait faire mais qu’il n’a pas encore fait. Evidemment, il conteste cette position du psychiatre, qui pour lui, devrait avoir pour rôle d’évaluer une souffrance psychique et non uniquement un risque.
Luca analyse cette situation vis-à-vis des lois italiennes et françaises.  La création de la psychiatrie de secteur a eu pour effet de renvoyer la souffrance psychique dans la société. Depuis, ce mouvement est renversé, le concept de dangerosité devenant central dans les lois qui concernent la psychiatrie. L’utopie d’une souffrance psychique intégrée dans la société, voire même considérée comme une richesse pour celle-ci, s’inverse à travers l’augmentation de lieux fermés, de soins sous contrainte et de l’utilisation des chambres d’isolement.

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Source  Psycogitatio