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Slate : À l'hôpital psychiatrique, la cigarette reconfigure les rapports humains

le 3 juin 2019

En accès restreint ou en libre circulation, le tabac est à la fois vecteur de sociabilisation et de tensions.

«Avant d'arriver en clinique psychiatrique, je ne fumais pas» , lance Émeline. La jeune femme de 20 ans a été hospitalisée en clinique privée pour anorexie-boulimie il y a un an. Lorsqu'elle intègre les lieux, une vision la marque: «J'ai d'abord vu le patio, avec des jeunes en train de fumer, des pots de tabac à côté d'eux. Pour une non-fumeuse, c'était assez frappant» . Comme elle, beaucoup de personnes passées par les milieux psychiatriques ont observé la place importante qu'y occupe la cigarette.

Depuis 1991 et la loi Évin , il est formellement interdit de fumer dans les lieux dits à usage collectif. Les établissements psychiatriques ont dû s'organiser en conséquence, afin de permettre tant au personnel qu'aux patient·es de fumer dans un endroit ne correspondant pas à cette restriction. La mise en place rencontre plus ou moins de difficultés selon l'agencement des lieux. «La configuration architecturale de la structure tient un rôle dans la place donnée à la cigarette» , atteste Julien*, directeur d'hôpital. «S i le bâtiment est monobloc, c'est relativement simple, mais en structure psychiatrique, on peut trouver quarante unités, et la politique concernant la cigarette est forcément différente »  d'une unité à l'autre. L'on oscille entre coin fumeur dédié en extérieur, sorties accompagnées et pauses clopes à heures fixes ou sur demande.

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