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Slate : Instagram est mauvais pour votre santé mentale, encore plus que Facebook

le 22 août 2016

[Slate] Vos amis sont en vacances. Ils postent des photos toute la journée. De leurs géniales vacances trop cool parce que leur vie est tellement belle, pendant que vous, vous êtes là, devant votre ordinateur. Déprimant.

Tout le monde sait que Facebook est notre meilleur ennemi à tous, le grand «rabaisseur» aux mille visages. On le sait parce que la science nous l’a dit. Le Human-Computer Institute de l’université de Carnegie-Mellon a découvert que notre «consommation passive» des actualités de nos amis et nos propres «fils d’informations accessibles à un large public» sur Facebook pourraient en fait être à l’origine de sentiments de solitude, et même de dépression. Un peu plus tôt cette année, deux universités allemandes ont montré que le «suivi passif» sur Facebook déclenche des états d’envie et de ressentiment chez de nombreux utilisateurs, les photos de vacances étant en tête de liste des déclencheurs. Une autre étude, cette fois réalisée sur 425 étudiants en Utah, avait pour titre évocateur «Ils sont plus heureux que moi et leur vie est mieux que la mienne: l’impact de l’utilisation de Facebook sur la perception de nos vies». Même les effets positifs de Facebook peuvent être à double tranchant: regarder votre profil peut vous donner plus d’estime de vous-même, mais aussi réduire votre capacité à réussir une soustraction toute simple.

Toutes ces études s’appliquent à montrer que ce n’est pas Facebook en lui-même qui induit des états d’isolement, de jalousie, et de piètres performances en maths. C’est plutôt les usages spécifiques de Facebook.

Si vous utilisez Facebook pour partager des articles d’actualités intéressants avec des collègues, échanger des messages avec de nouvelles connaissances et jouer à Candy Crush Saga, il est très probable que le monstre de la jalousie ne vous demandera pas d’être son ami.

En revanche, si les heures que vous passez sur Facebook sont consacrées à regarder en détails ce que les autres ont posté (surtout leurs photos, ou encore bien plus grave, leurs photos de vacances) et que vous ne vous arrêtez que pour des pauses occasionnelles, le temps de mettre à jour votre propre statut ou distribuer quelques «likes» pleins de rancœur par-ci par-là, alors la science a confirmé que vous êtes entré dans une relation sadomasochiste semi-consensuelle avec Facebook et qu’il va falloir mettre fin à ce cercle vicieux.

Si on regarde de plus près ces études qui portent sur Facebook, on découvre qu’une autre hypothèse est soutenue, bien qu’elle n’ait pas encore été testée, de quoi saliver d’envie: elle voudrait que, contre toute attente, Facebook ne soit pas le pire «rabaisseur» présent à la petite fête des réseaux sociaux (celle à laquelle vous n’étiez sûrement pas invité, mais vous avez vu les photos et ça avait l’air gé-nial). Facebook n’est pas l’ennemi qui a le plus de visages. Ce titre revient en fait à Instagram. Et voici pourquoi.

Source Slate