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Somapsy : "Si les soins de santé mentale étaient considérés comme faisant partie de la routine des services de santé, alors la stigmatisation disparaîtrait"

le 30 juin 2016

[Somapsy] Nous avons interviewé Chris Naylor, chercheur principal de The King’s Fund, une organisation sans but lucratif qui travaille pour améliorer les soins de santé au Royaume-Uni. Dernièrement, il a participé à l’élaboration du rapport “Bringing together physical and mental health: a new frontier for integrated care” (Mars, 2016).

Le rapport examine la troisième dimension de l’intégration, mentionnée dans la stratégie du National Health Service « Five-year forward view », pour rassembler la santé physique et la santé mentale.

1. Il est prouvé que séparer la santé physique de la santé mentale n’est pas financièrement abordable tant pour les gouvernements que pour les systèmes de santé. Cependant, où en est le Royaume-Uni ou l’Europe dans la mise en œuvre d’une intégration complète du système de santé ?

Beaucoup d’attention a été portée sur l’intégration des différentes parties des systèmes. Beaucoup a été fait pour l’intégration de la santé et des services sociaux et aussi pour l’intégration des soins primaires et des soins spécialisés. Néanmoins, l’intégration de la santé physique et de la santé mental est une question de bon sens pour beaucoup de gens, mais qui n’a pas reçu une attention suffisante depuis le domaine politique. Je pense que, partiellement, cela est le résultat de la culture. Nous tendons à voir le corps et l’esprit comme des entités différentes. Dans le domaine médical, la psychiatrie est souvent séparée du reste de spécialités médicales. Il y a des cultures professionnelles très différentes dans ces deux communautés.

2. Outre la culture, quelles sont les autres barrières pour la mise en place d’un modèle de soins de santé intégrés ?

La société a des attitudes stigmatisantes envers les personnes atteintes d’un trouble mental. Si les soins de santé mentale étaient considérés comme faisant partie de la routine des services de santé, et s’ils n’étaient pas désignés comme santé mentale, alors la stigmatisation disparaîtrait.

La santé mentale est comprise comme quelque chose de différente de la santé physique. Il existe une certaine peur envers les maladies mentales qui entraîne, en conséquence, beaucoup d’effets. L’une des conséquences est le fait que les patients ne parlent pas librement des aspects psychologiques de la santé. Par exemple, ils se sentent angoissés pour parler de leur dépression par crainte d’être jugés ou laissés de côté. Une autre conséquence du stigma est que les gens ne demandent pas de l’aide pour prendre en charge les effets psychologiques de leurs maladies. En outre, les professionnels de la santé mentale sont considérés comme des professionnels « de second rang » au sein du système de santé.
À mon avis, cette vision des choses est une manifestation des croyances stigmatisantes sur la santé mentale. Il existe également des barrières techniques et institutionnelles.

Source Somapsy