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Street Press : A normale sup', le tabou du suicide des étudiants

le 13 avril 2016

[Street Press] Bienvenue à l’ENS, ses bons élèves, ses amphis feutrés et ses tentatives de suicide. Chaque année, des étudiants promis à un avenir brillant tombent en dépression. Mais que fait la direction ?

Rue Montorgueil, un soir de mars. Alexandra*, cheveux châtains, les yeux gris, se remémore à voix basse devant son café-crème sa première année à l’École normale supérieure de Cachan. Elle raconte doucement sa tentative de suicide : 

« A Noël, chez mes parents, j’ai craqué. Le soir après le Réveillon, j’ai ingurgité une boîte de médicaments. C’est ma mère qui m’a trouvée. Depuis, ça va mieux, je suis suivie par un psy. Je n’ai rien dit à Cachan, ni aux profs, ni à l’administration, ni aux autres élèves. J’ai un peu honte. »

L’École normale supérieure, où étudie Alexandra, c’est la crème des grandes écoles françaises. Ces 4 établissements – Paris, Cachan, Lyon et Rennes – forment certains des meilleurs chercheurs et enseignants de France. Sur le papier, la situation des étudiants est plutôt confortable. Ils touchent 1.300 euros par mois, pendant leurs 4 ans de formation. En contrepartie, ils s’engagent à servir l’État pendant au moins 10 ans. Pourtant, une partie d’entre eux témoignent d’un certain mal-être dans les couloirs des différents ENS. Et le sujet est tabou.

Source Street Press