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Campagne : L'instagrameuse mystère était…

le 30 septembre 2016

[Le Figaro] La jolie Louise Delage avait un verre à la main sur toutes ses photos. Une mise en scène réussie qui a fini par être percée à jour.

Elle se régale de galettes à Pont-Aven, fait la moue devant des graffitis berlinois, travaille dans le Marais et aime les brunchs. Louise Delage est l'archétype de la jeune et jolie parisienne, cosmopolite et branchée en toutes circonstances. Mais Louise a un secret. Qui en dissimule un autre.

Créé sur Instagram en août, le compte de Louise avait rapidement séduit des milliers d'abonnés avec ses nombreux portraits au style rétro-décontracté étudié. Jusque-là, rien que de très normal, ce genre de photos étant la norme sur le réseau social, et celles de Louise étant particulièrement réussies (trop?). Mais des dissonances ont attiré l'attention d'observateurs attentifs, notamment celle du journaliste Tristan Berteloot (Brain Magazine ), qui s'étonnait il y a moins de 15 jours sur Twitter de voir un verre ou une bouteille d'alcool sur chacun des clichés. «Elle est seule sur chaque photo ou presque. Aucun vrai pote de Louise ne commente jamais ses posts. Ce compte dépeint en réalité la vie d'une jeune femme de 25 ans complètement alcoolique», écrit-il le 9 septembre.

Existence avortée

Bien vu. Car Louise est effectivement une création de l'agence de communication BETC pour le Fonds action addiction, qui a dû lever le voile sur les coulisses de l'opération de sensibilisation un peu plus tôt que prévu. «On devait aller jusqu'au début du mois d'octobre, explique le Pr Michel Reynaud, président du Fonds action addictions. On n'avait pas encore tranché comment ça se terminerait: Louise allait-elle faire une dépression, avoir un accident? Finalement, c'est aussi bien comme ça. Les gens ont plus de mal à s'identifier aux images dramatiques de certaines campagnes de sensibilisation.»

Sur Instagram, les commentaires faisant référence à la consommation d'alcool de Louise ont été rares. «Une poignée de personnes lui ont dit qu'elle devrait diminuer, ou lui ont demandé si elles pouvaient faire quelque chose. Cela montre à quel point il est difficile de suggérer à un proche qu'il a un problème avec l'alcool», remarque Michel Reynaud. Même lorsque les preuves s'accumulent, en témoigne le montage vidéo des photos de Louise :

 

Source Le Figaro