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Initiative : Le CH Esquirol déploie un programme ambulatoire d'ETP

le 9 décembre 2016

[Santé Mentale] Le CH Esquirol (Limoges) déploie un programme ambulatoire d’Education thérapeutique pour patients (ETP) psychotiques et leurs aidants à domicile, validé par l'Agence régionale de santé.

L’ARS Nouvelle Aquitaine vient d’autoriser le CH Esquirol de Limoges à mettre en œuvre un programme ambulatoire d’éducation thérapeutique destiné aux patients psychotiques, afin de les aider à être pleinement acteurs de leur processus de soins et de vie. Impulsé par Robert Costanzo, Chef du Pôle des usagers, il associe de façon étroite les patients, les familles et les soignants dans une alliance thérapeutique dynamique.

Selon le Dr Fabien Lescure, psychiatre, le programme s'adresse à des patients adultes qui présentent des syndromes «d’allure psychotique » (psychose, trouble grave de la personnalité), vivants au domicile dans le département de la Haute-Vienne et pour lesquels la pathologie est stabilisée ». La collaboration avec le secteur libéral est essentielle notamment dans le cadre du recrutement des patients effectué en priorité par le médecin généraliste ou le psychiatre.

Philippe Faugeron, directeur des soins au CH Esquirol de Limoges et en charge de la coordination de ce programme d’ETP précise « cette offre de soins intègre uniquement des patients suivis en ambulatoire. Les 6 séances individuelles sont réalisées au domicile de la personne alors que les 5 séances collectives sont organisées au sein du Centre de Proximité en Santé Mentale (CPSM) implanté dans le bassin de population où réside le patient. »

La durée prévisionnelle d’un programme est de 11 semaines et s’intéresse à différentes thématiques. Pour le patient il s’agit de connaître la maladie et son traitement médicamenteux, reconnaître les signes de début d’une aggravation ainsi que les circonstances favorisantes. De la sorte, chaque patient doit se trouver en mesure de faire appel à une aide en cas d’urgence et savoir parler de l’évolution de sa pathologie aux soignants. Plus important encore, le programme doit permettre aux patients de renforcer des habiletés nécessaires au maintien d’une insertion sociale et/ou professionnelle et une qualité de vie optimale.

Dans cette optique, il importe que la famille ou les proches puissent eux aussi connaître la maladie et mieux, ses conséquences. Et Robert Costanzo détaille : « nous familles, proches aidants de patient nous sommes parfois désemparés. Savoir identifier les moyens de contrôler les périodes de crises afin d’adapter la prise en charge en fonction des symptômes est pour nous primordial. Avec cette intervention personnalisée, réalisée directement au domicile du patient, notre proche est véritablement placé au cœur de la décision. Sa réelle implication le responsabilise et conforte son autonomie. II devient un véritable acteur de sa prise en charge, et ça change tout ».

Cette offre d’ETP s’inscrit dans le parcours de soins du patient. II peut s’agir d’une offre initiale (qui suit l’annonce de la maladie chronique) ou une offre de suivi régulier (en complément du suivi médical, une à deux fois par an par exemple) ou de suivi approfondi (reprise en cas de difficultés à acquérir une compétence).

La réussite de ce programme tient également à la multiprofessionnalité des intervenants impliqués, notamment des médecins, des infirmiers, un aide soignant, des assistants du service social ainsi qu’un représentant des usagers.

Ce programme s’inscrit dans le cadre du « virage ambulatoire» qui consiste à éviter les séjours en milieu hospitalier en donnant davantage de services plus près des milieux de vie descitoyens. Il favorise l’accompagnement des personnes dans leur milieu de vie et développe la prévention et le dépistage précoce des maladies.

Source Santé Mentale