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Initiative : Le cheval, une expérience positive proposée aux personnes âgées hospitalisées pour dépression

le 14 avril 2017

[Réseau CHU] Au CHU de Nîmes, les personnes âgées hospitalisées pour dépression se rendent tous les mardis au domaine équestre de Maruejols pour des séances d’équithérapie. Il s’agit d’une prise en charge thérapeutique, non conventionnelle qui utilise le cheval comme complément du soin. La relation à l’animal est ressentie comme une expérience très positive par les personnes suivies en gérontopsychiatrie comme le démontrent les différentes évaluations conduites en psychologie et en neuropsychologique. Cette approche, répandue en maison de retraite, est innovante pour des patients traités en CHU !

La médiation par l’animal : associer soins médicamenteux et non-médicamenteux par le biais d’une activité singulière, validée dans d’autres domaines 

La dépression est une pathologie fréquente chez les séniors, souvent accompagnée d’un risque très élevé suicide. « Cette population est par ailleurs plus résistante aux traitements médicamenteux » souligne Nathalie Bessiere, cadre de santé au CHU de Nîmes. D’où l’importance d’associer les soins conventionnels à une autre forme de soutien. « Intuitivement et cliniquement, nous nous doutions des bienfaits de la démarche. Notre hypothèse de travail reposait sur le postulat que le "prendre soin" de l’animal favoriserait une amélioration de l’estime de soi et de l’humeur, qui sont deux dimensions affectées dans le tableau dépressif » explique Sabrina Jumentier, psychologue-chercheuse, toutes deux à l’initiative du projet

Les bienfaits de l’équithérapie évalués

L’équithérapie est le seul moment où les patients ne sont plus considérés comme des malades. Ce ne sont pas les soignants qui prennent soin d’eux mais eux qui prennent soin des autres, en l’occurrence des animaux. Retrouver le contrôle sur les choses, avoir la sensation de pouvoir aider et de servir l’autre sont autant de gains en estime de soi. 

Pour mesurer l’impact des séances sur le moral des personnes âgées, des grilles pré et post évaluation ont été élaborées par des étudiantes en psychologie pour leur cas de fin d’étude. Les items ont permis de relever si la séance améliorait l’humeur des patients et s’ils ressentaient d’avantage d’émotions positives (enthousiasme, gaité) et moins d’émotions négatives (tristesse, irritabilité). 
dans un contexte extra-hospitalier a pu être conduite. En effet, l’équithérapie est une activité émotionnellement chargée qui a la particularité d’absorber l’attention des patients sans qu’ils aient le sentiment d’être soumis à un examen, diminuant ainsi la charge anxieuse. « A travers les activités proposées au patient, le fait de tresser les chevaux, de les atteler, de passer la sangle dans la boucle, nous pouvons voir efficacement les capacités qui restent » commente Nathalie Bessière. « En service, j’évalue les patients sur un plan cognitif via des tests standards : capacité à mémoriser une information, à la manipuler… Mais cela est un peu dénaturé et réalisé dans un contexte d’examen qui peut être anxiogène. L’équithérapie permet de sortir de ce modèle très classique .» conclut Sabrina Jumentier.

Le bonheur est dans le pré

« Maruejols, c’est le domaine du bonheur. Outre les chevaux, il y a des oies, des chats, des chiens, une truie. Le lieu est magique, nous sommes entourés de champs de verdure et d’oliviers. » décrit Nathalie Bessiere. Les soignants constatent des évolutions notables : « Il y a un avant et un après. Les patients qui arrivaient en pleurs, au cours de la séance sourient, rient, leur regard s’illumine, la maladie n’est jamais évoquée, cela ramène à des souvenirs heureux. C’est extraordinaire . »

Les animaux sont choisis en fonction de leur caractère et de leur compatibilité avec les personnes présentes. Brossage, tressage... « La prise de contact s’effectue autant sur le plan physique qu’émotionnel. Tous les sens sont sollicités et, par la suite, un parcours est réalisé .» indique Sabrina Jumentier.

Les bienfaits des séances se ressentent aussi sur le plan des relations interpersonnelles. De retour dans le service, les personnes qui ont participé ensemble aux séances pendant deux ou trois semaines nouent des liens, privilégient les conversations ensemble et s’assoient le plus souvent côte à côte à table, ce qui peut favoriser la prise des repas.

Source Réseau CHU