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Initiative : Un centre pour la santé somatique et mentale à Marseille

le 18 janvier 2017

[La Marseillaise] Inauguré le 20 juin 2016, le centre de santé André-Roussin est porté par l’hôpital Edouard-Toulouse. Au cœur des quartiers Nord une offre de soins publique de proximité et une prise en charge globale.

Finalement dans la loi HPST tout n’était pas à jeter ! Elle a rendu possible la création de cette offre de soins publique au cœur du 16e arrondissement, entre Saint-André au Sud et les cités la Castellane et la Bricarde au Nord. Le Dr Françoise Eynaud, médecin généraliste et référente, résume les trois ans de travail avec ses collègues, les docteurs Chemla, Guillard et Wagneur : « Au départ on a monté le projet avec l’association de la médecine sociale. Nous cherchions des locaux. Parallèlement, le directeur d’edouard-Toulouse, Gilles Moullec, voulait rapprocher la médecine générale de la prise en charge psychiatrique. On a rencontré l’ARS, puis on lui a envoyé notre projet. » Il leur a proposé de porter le centre de santé dans un objectif d’accès aux soins et de réponse médicale pluridisciplinaire.

Une réponse globale de premier recours via le centre médico-psychologique du parc (CMP au 1er étage) avec les généralistes et spécialistes au rez-de-chaussée. « On n’a pas réfléchi plus de 5 minutes ! », se rappelle-t-elle. Au CMP, inutile de préciser le confort que représente cette relocalisation après plus de deux ans d’implantation temporaire dans l’hôpital edouard-Toulouse, chargé de la prise en charge dans les quartiers Nord. « On a eu une chute de 40% de notre activité, maintenant notre file active est de 2 500 patients et on a une hausse de 37% sur l’activité infirmier », explique Isabelle Lecomte, cadre de santé. La zone du CMP comprend une partie du 15e et le 16e arrondissements, les Crottes, les Cadeneaux et les Pennes-Mirabeau, soit 80 000 personnes. Les besoins sont énormes.

Dialogue patient

La grande précarité voire la misère, l’habitat insalubre, la violence environnante et les trafics, « tout cela majore les troubles ». Jean-Jacques Cardinati, infirmier, y ajoute des freins qui empêchent la prise de médicaments, « souvent pour des raisons culturelles et religieuses. Il faut que les familles arrivent à franchir ces barrières et nous aussi pour l’expliquer aux familles. » Le centre se situe au 50, boulevard André-Roussin, axe de circulation majeur dans les quartiers Nord. Le bus de la ligne 25 s’arrête devant.

Outre l’accueil, les généralistes et l’infirmière anciennement au centre l’Epid, une gynécologue vient une fois par semaine et un ORL qui avait suivi l’élaboration du projet a intégré la structure. Un dermatologue et un pédiatre seront recrutés dans les 3 mois, suivront le rhumatologue mais surtout le cardiologue, espère le Dr Mylène Chemla.

« Tous les jours on est dans une prise de conscience qu’on répond aux besoins avec notamment la proximité et la cohésion avec le secteur psychiatrique. C’est riche d’enseignement, pour la population aussi car la prise en charge est quasi-instantanée. Les patients le ressentent car cela créé autour d’eux quelque chose de cohérent, d’enveloppant dont ils ont besoin. »

Une mère entre avec ses deux enfants. « Je suis venue pour la première fois en tant qu’infirmière pour me présenter. En même temps, j’habite le quartier et me retrouvais sans médecin traitant car parti à la Gavotte. Nous sommes suivis ici et du coup ma famille aussi. L’ouverture de ce centre redynamise le quartier. » Quand elle jette un coup d’œil dans le rétroviseur, le Dr Annie Guillard est ravie du chemin collectif accompli. « Je m’éclate », dit-elle. D’ailleurs, dans une heure elle part en binôme avec Jean-Jacques, l’infirmier, dans le quartier la Viste. « Une personne âgée qui ne sort plus depuis 25 ans. On a fait un travail d’équipe pour déclencher la prise en charge à 100%. »

Source La Marseillaise