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Inspirez-vous : Ensemble contre l’anorexie avec l'association Solidarité Anorexie Boulimie 54

le 7 septembre 2016

[Est Républicain] Inès Garland, 18 ans et anorexique, vient de créer Solidarité Anorexie Boulimie 54, une association visant à sortir les personnes en souffrance de l’isolement et à les accompagner vers la guérison

Elle compare sa maladie à « un cancer de l’âme ». Inès Garland, jolie brune âgée de 18 ans, souffre depuis 3 ans d’anorexie.

« Tout a commencé par une dépression et plusieurs tentatives de suicide », confie la jeune femme. « Et en 2014, je me suis mise à surveiller toute mon alimentation pour finir par ne plus vouloir m’alimenter. Afin de donner le change à mes proches, je faisais semblant d’avaler mais j’éprouvais un profond dégoût pour la nourriture… Et puis, peu à peu, je suis descendu à 37 kg, avec un corps affaibli et de moins en moins de défenses immunitaires. La difficulté quand on devient anorexique, c’est que l’on s’isole du monde et que l’on n’a plus aucune vie sociale. Quand la maladie s’est déclarée, j’étais lycéenne et j’avais besoin d’en parler mais j’ai lâché prise. C’est une maladie dévorante que les proches ont du mal à accepter. Au départ, ma famille pensait que c’était lié à mon handicap car j’ai une infirmité motrice cérébrale depuis la naissance. Jusqu’au jour où mon pronostic vital fut engagé. J’ai dû être hospitalisée à Paris car il n’y avait aucune place disponible dans l’unité de maladies psychiques nutritionnelles du CHU Nancy Brabois où le délai d’attente est de quatre mois ! ».

Après avoir frôlé la mort, le jeune Nancéienne est sortie d’hospitalisation il y a deux mois avec l’envie de relever la tête et de sourire à nouveau à la vie. « On s’aperçoit que l’on n’a qu’une vie lorsque la deuxième commence », souligne-t-elle. « Je n’ai pas choisi que l’anorexie surgisse dans ma vie, j’ai été anorexique. Et aujourd’hui, je me suis fixé comme objectif de transmettre mon expérience pour atteindre la destination tant rêvée : celle de la guérison et de la résilience avec la maladie ».

Offrir une écoute, un soutien, et un accompagnement

Pour sortir de l’isolement auquel l’astreint l’anorexie, Inès, toujours suivie médicalement, vient de créer Solidarité Anorexie Boulimie 54, avec le soutien de Bruno De Beaurepaire, président du réseau associatif national du même nom.

« J’ai eu l’idée de créer cette association à Nancy car je n’ai malheureusement pu bénéficier de structure de soutien qui traite ces troubles du comportement alimentaire. J’aurais pourtant tant aimé pouvoir en parler, me libérer de toute souffrance sans être jugée… L’objectif de l’association, que je préside depuis le 29 juin, est d’offrir une écoute, un soutien et un accompagnement à des personnes en souffrance et à leurs proches. C’est aussi faire le trait d’union entre les structures médicales pour aiguiller les personnes anorexiques et boulimiques vers une prise en charge complexe ». Inès Garland souhaite en premier lieu pouvoir proposer un lieu d’écoute où les patients et les parents qui le souhaitent pourront échanger leurs expériences, participer à des groupes de parole animés par des professionnels de santé, réapprendre en groupe le goût des aliments et, surtout le goût de vivre.

Source Est Républicain