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Mad Pride 2016 : Bipolaires, schizos et paranos défilent dans les rues de Paris

le 21 juin 2016

[Street Press] « Je souffre d’autisme et de dépression, mais je n’ai pas honte de moi », lance Emma, 24 ans, en marge de la Mad Pride. Comme elle, ils étaient 250 à défiler samedi 11 juin pour défendre les droits des malades psychiques.

Devant le rétroviseur d’un char, Bernard réajuste son casque de Don Quichotte. Un petit morceau d’aluminium se fait la malle, à deux minutes du début du défilé. C’est la troisième fois qu’il marche à la Mad Pride et Bernard veut être parfait. Mégaphone à la main, un homme habillé avec une nappe de table et une perruque blonde lui braille dessus : « Dépêche-toi, ça va commencer. » « Je suis un peu fou, mais je ne suis pas sourd ! » lui répond Bernard, en rejoignant le cortège.

Pour cette troisième édition de cette marche pour la dignité des « fous », ils sont 250 à défiler déguisés jusqu’à la place de la République. Devant l’hôpital Saint-Antoine, le lieu de rendez-vous, on compte de nombreux membres d’associations, des médecins et surtout des malades psychiatriques et des handicapés. Pierre, Mounia et Bernard battent le pavé pour leur dignité ou pour demander davantage d’aides financières.

Anissa, 26 ans

« J’ai fait plusieurs bad trip sous LSD et on m’a diagnostiqué une bipolarité. J’ai été hospitalisée cinq fois en psychiatrie, j’y suis restée entre deux et huit mois. Ça fait trois semaines que j’ai quitté l’hôpital et ça se passe beaucoup mieux. Je suis dans un squat en ce moment, où je répare des vélos avec des amis. C’est eux qui m’ont parlé de cette marche. Je dois être suivie tous les jours à l’hôpital, mais j’ai préféré venir ici aujourd’hui : revendiquer mes droits, c’est important. »

Patrick, 49 ans

« J’ai été licencié et ma femme a demandé le divorce. Pourquoi ? Je ne sais pas, je suis paranoïaque apparemment. J’étais dans le marketing et mon patron m’a plusieurs fois traité d’« incapable ». Les médecins, eux, on décrété que je ne pouvais pas gérer seul mon budget. On m’a mis sous curatelle. Tout cela a commencé en 1991. La société n’est pas sympa avec les gens comme moi. C’est pour ça que je suis là. Et aussi, avec mon masque, je veux montrer que chacun a sa part de féminité et de masculinité. Et j’en suis fier. »

Source Street Press