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Photographie : La schizophrénie loin des clichés

le 22 mars 2018

Dans sa série « Big Brother », le photographe britannique Louis Quail a saisi la vie quotidienne de Justin, son frère schizophrène. Des images qui questionnent, en filigrane, notre rapport à la maladie mentale dans une société ultranormée.

Justin, 59 ans, a une passion : partir dans la nature, loin de tout, avec ses jumelles, pour observer les oiseaux, dont il dresse la liste avec soin – fauvette, martin-pêcheur, bécasse, héron, bergeronnette… Justin est aussi schizophrène. Le photographe britannique Louis Quail, son frère, lui consacre Big Brother,  un livre-portrait, et expose ses images au festival Circulation(s), à Paris. « Quand notre mère est morte, en 2010,  raconte-t-il, j’ai passé beaucoup de temps avec Justin et je me suis dit que son histoire méritait d’être racontée. Pour sensibiliser les gens, et peut-être l’aider lui aussi. »

Rares sont les photographes qui se risquent à évoquer la maladie mentale dans un projet artistique. En 2008, pour son projet « Act »,  Denis Darzacq avait collaboré avec des personnes handicapées et mis en scène de fascinants ballets avec ces corps différents et difformes. « La question première est celle du consentement,  souligne Louis Quail. C’est une chose compliquée avec quelqu’un atteint d’un trouble mental. Pour Justin, comme je suis son frère, c’est différent. Je prends parfois des décisions pour lui, dans son intérêt. »  Justin a donné la permission à son frère de faire le livre – « même si chez lui le processus de décision n’est pas toujours linéaire,  explique Louis Quail. L’essentiel, c’est qu’il me fait confiance. Je fais tout pour que ce soit une bonne expérience pour lui ».

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