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Article : L’hôpital psychiatrique parie sur la télémédecine pour améliorer le suivi de ses patients

le 3 avril 2017

[La Montagne] Au centre hospitalier du pays d’Eygurande, en haute Corrèze, on mise sur les technologies et la télémédecine pour contourner l’enclavement.

Qui a dit que l'isolement est une barrière impossible à enjamber ? Sûrement pas la direction du CHPE. Si les routes sinueuses qui mènent jusqu'à cet établissement situé à la lisière du département voisin, le Puy-de-Dôme, peuvent paraître hostiles et planter l'hôpital psychiatrique de La Cellette dans un décor d'un autre temps, il n'en est rien lorsque l'on passe le seuil de la porte.

La visioconférence

Dès 2008, le CHPE s'est ouvert à l'ère moderne. Celle vers laquelle d'autres, dans le domaine de la médecine, essaient de se tourner aujourd'hui. Pour que son réseau de treize unités à travers le département ne soit pas brouillé par la météo, les kilomètres et les budgets, le pari de la télémédecine est très vite apparu comme une évidence.

« Nous nous sommes équipés afin de répondre à toutes ces exigences, concède le directeur du centre hospitalier, Christophe Rouanet. Cela nous permet de travailler dans de bonnes conditions, sans avoir à nous déplacer inutilement. » Ainsi, chaque site, comme celui du centre de détention d'Uzerche, dispose d'une salle de visioconférence en haute définition (HD).

Une conversation en temps réel, même en bas débit

Pour accentuer son orientation vers ce type de pratiques, l'hôpital psychiatrique mise sur le logiciel Starleaf, testé actuellement en vue d'une acquisition au 1 er mai prochain.

« On voulait développer cela parce que c'est moins coûteux, donc nous avons recherché un outil compatible avec notre système actuel et qui répond aux standards de sécurité », précise le directeur.

Cette licence, dont le CHPE disposera en illimité contre la somme de 8.000 euros sur cinq ans, implique simplement de disposer d'un ordinateur et d'une webcam de chaque côté de la conversation qui passera par un tunnel sécurisé à travers lequel aucune donnée de patient ne pourra transiter.

« Notre équipe n'aura plus qu'à inviter le patient ou l'établissement de santé pour une connexion, puis il y aura une conversation en temps réelle avec une bonne qualité de son et d'image, même en bas débit », se réjouit Christophe Rouanet.

Éviter la « rupture »

Partant du postulat que la plupart des patients sont équipés en smartphone, le CHPE mise sur la télémédecine pour conserver un lien avec les personnes suivies pour des cures en addictologie.

« Dans le parcours du patient, s'il y a une perte de contact, il y a une rupture, appuie le directeur de l'établissement. Là, ce serait différent du simple appel ou sms automatique. »

Starleaf pourrait également s'avérer précieux dans le rapprochement et le renforcement de la collaboration de l'hôpital psychiatrique et son expertise avec les établissements médicaux sociaux qui soignent et accompagnent des personnes âgées ou en situation de handicap psychique. Avec comme visée d'éviter l'hospitalisation à La Cellette.

Destiné en priorité à l'addictologie et à L'Atrium qui abrite trente lits à Monestier-Merlines, ce logiciel et l'accès à la télémédecine ont vocation, à partir du mois de mai, à se déployer dans toutes les unités du CHPE. Un pas de plus par-dessus la barrière que constitue l'enclavement.

Source La Montagne