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Article : L’injonction à la déconnexion est-elle autre chose qu’une critique morale ?

le 12 février 2016

[Internat Actu] Dans le New Inquiry , le sociologue Nathan Jurgenson (@nathanjurgenson ) livre une critique sans concession du dernier ouvrage de la psychologue Sherry Turkle, Reclaiming Conversation . Ce n’est pas la première fois que Jurgenson remet à sa place la psychologue, dont il avait vertement critiqué le précédent ouvrage, Seuls ensemble  (voir “Nous ne serons plus jamais déconnectés” ).

Pourquoi cherche-t-on à nous faire croire que les gens qui communiquent avec des téléphones auraient oublié ce qu’est l’amitié ? De nombreux médias et spécialistes véhiculent des propos sur la toxicité de nos outils, plus attiré par la dénonciation des dépendances qu’ils développeraient que par l’apologie des opportunités qu’ils permettent ou que par la dénonciation de l’inégalité communicationnelle qu’ils renforcent. Pour les déconnexistes, les écrans détruisent l’attention, l’empathie, les relations profondes… Les allégations de Turkle sont flatteuses, estime Jurgenson. Elles nous font croire que les “déconnectés” sont les derniers humains debout dans un monde totalement déshumanisé… Mais cela suppose de croire que les écrans sont inhumains et antisociaux. Or, la littérature sur notre relation au numérique est plus complexe que cela. Pour la sociologue Jenny Davis, qui a pointé les lacunes méthodologiques du livre de Turkle, les études montrent pourtant qu’ils n’ont pas vraiment d’effets sur l’empathie, contrairement à ce qu’affirme la psychologue.

Source Internet Actu