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Article : Les dangers du web pour les jeunes, fake news ou vrais risques ?

le 22 novembre 2017

Dans une enquête récente menée auprès de collégien·ne·s et de lycéen.ne.s de la région Île-de-France, le suicide était sur toutes les lèvres, même s’il n’était abordé, de près ou de loin, par aucun.e des chercheur·e·s menant les entretiens. Les élèves évoquaient spontanément le désespoir susceptible d’être engendré chez leurs pairs, surtout chez les filles, aux prises avec des situations délicates sur Internet, principalement à caractère sexuel, où leur réputation viendrait à être entachée de façon grave.

Une classe de seconde. Les pupitres sont disposés en cercle. Les élèves, légèrement hébétés, évoquent la situation suivante : une amie aurait été filmée à son insu lors d’un acte sexuel, et sa vidéo circule sur le web.

– Adrien : Déjà, je lui dis : « Ne te suicide même pas ». Parce que les jeunes, ils peuvent trop se suicider.
– Margot : Si moi ça m’arrive, je vais être traumatisée donc je me suicide.
– Romane : Moi je me suicide, c’est clair. Parce qu’après, tous les gens vont parler de moi. (Les prénoms ont été changés )

L’anecdote ne rassurera aucun parent ou adulte. Il reste que dans une enquête récente menée auprès de collégien·ne·s et de lycéen.ne.s de la région Île-de-France, le suicide était sur toutes les lèvres, même s’il n’était abordé, de près ou de loin, par aucun.e des chercheur·e·s menant les entretiens. Les élèves évoquaient spontanément le désespoir susceptible d’être engendré chez leurs pairs, surtout chez les filles, aux prises avec des situations délicates sur Internet, principalement à caractère sexuel, où leur réputation viendrait à être entachée de façon grave.

Quels dangers d’Internet ?

Malgré cette omniprésence du suicide dans les discours des jeunes, celui-ci ne fait pas partie des « grands risques » associés à leurs cyberpratiques. Dans la mouture 2014 de l’enquête European Union Kids Online, menée auprès de 10 000 jeunes de 33 pays, 17 % des jeunes de 9 à 16 ans rapportent avoir été dérangés ou perturbés par quelque chose sur le web au cours de la dernière année.

Quels sont alors ces grands risques associés au cyberespace pour les jeunes ? À en croire les médias et les institutions publiques, ces dangers seraient d’au moins quatre ordres : exposition à du contenu non désiré (pornographie, violences), contact par une personne inconnue (stranger danger ), addiction aux outils numériques et cyber-harcèlement. Ainsi, l’exposition des jeunes à la pornographie est perçue comme problématique, qu’elle soit non désirée ou consommée volontairement. Dans une enquête récente auprès d’un échantillon représentatif d’adolescent·e·s français.es, 55 % des garçons et 44 % des filles ayant déjà eu un rapport sexuel considèrent que la pornographie a influencé leur apprentissage de la sexualité, plusieurs affirmant avoir déjà « essayé de reproduire des scènes ou des pratiques » vues dans des vidéos pornos.

Ceci dit, en dépit de ce que soulignent les médias de masse, la prise de risque principale pour les jeunes n’est ni l’exposition à des contenus sexuels non désirés, ni d’être approché par un prédateur sexuel inconnu, ni de développer des comportements addictifs aux outils numériques.

Source The Conversation