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Jeu mobile : “Keep in Mind” vous plonge dans l’alcoolisme et la dépression

le 14 mai 2018

“Tu as conscience de ta propre insignifiance répugnante.” Et puis : “Ta vie est inutile, vide.” Même si on a l’habitude que les jeux vidéo nous disent franchement les choses (par exemple : “Vous êtes mort”, et pas seulement : “Super, vous avez sauvé la princesse, le monde et tout le reste”), on n’en est pas moins légèrement heurté par ce que nous raconte Keep in Mind. Mais il faut dire que celui-ci n’est pas tout à fait un jeu comme les autres. 

Conçu par le duo Cherylynn Lima - Ian Melinn et disponible depuis peu dans une version “remasterisée”, traduite en plusieurs langues (dont le français) et adaptée aux mobiles et tablettes (qui conviennent parfaitement à la nature intime de l’expérience), Keep in Mind  aborde frontalement ces thèmes a priori pas follement ludiques et réjouissants que sont la dépression et l’alcoolisme. Mieux : non content de s’appuyer sur ce que ses auteurs ont pu traverser à un moment ou un autre de leur vie, il a aussi été conçu avec un objectif thérapeutique. Ce qui, même si l’on doute un peu, donne très envie d’aller y regarder de plus près.

Ue sorte de court métrage ludique

Très bref, Keep in Mind  peut-être vu, au même titre que le récent et très beau Florence , comme une sorte de court métrage ludique. En raison de sa durée – moins d’une demi-heure –, mais aussi de son côté “bouclé” qui rejoint celle de bon nombre de films courts, de sa manière de mettre en œuvre une seule vraie idée sans se sentir obligé d’en rajouter pour allonger artificiellement l’affaire. Keep in Mind  est aussi un jeu à “message”, ce qui le fait pencher du côté des serious games  au moins autant que de l’expérience ludique expérimentale. Pour cette raison, il est sans doute moins percutant, en matière de jeux sur le fait de ne pas ses sentir hyper bien dans sa tête, que le fondamental Depression Quest  de Zoe Quinn qui détournait le principe des fictions interactives à choix multiples pour faire partager au joueur un état dans lequel l’éventail des possibles semble se réduire au point que, justement, on n’a l’impression de ne plus vraiment avoir le choix. Mais la démarche du projet Keep in Mind  n’est peut-être pas si éloignée, car il s’agit là aussi de s’approprier un genre et d’en soustraire quelque chose.

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