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Des associations de patients saluent la perspective de l'encadrement accru de l'isolement et de la contention

le 25 janvier 2017

[Santé Mentale] Dans le cadre des travaux institutionnels actuels sur l'isolement et la contention, plusieurs associations de patients en psychiatrie saluent la perspective d'un encadrement renforcé de ces pratiques, à défaut de pouvoir en obtenir l'interdiction. Le CRPA propose pour sa part d'instaurer un contrôle judiciaire en cas de contestation de ces mesures.

Plusieurs travaux et réflexions sont actuellement engagés pour mieux encadrer les pratiques d'isolement et de contention en psychiatrie. Ainsi, la Haute Autorité de santé (HAS) doit notamment achever, au cours de ce mois de janvier, la phase de consultation des parties prenantes (organisations professionnelles, associations de patients ou d’usagers, institutionnels, etc.) en vue d'émettre des recommandations, vraisemblablement publiées en mars prochain. Alors que la HAS finalise actuellement des outils pour renforcer la traçabilité des mesures, la perspective d'un encadrement renforcé de ces pratiques est salué par plusieurs associations de patients contactées par Hospimedia . Les associations, qui ont été associées aux travaux menés par la haute autorité, mais aussi à ceux menés à l'Assemblée nationale pour évaluer la loi du 27 septembre 2013, tiennent à rappeler au préalable leur position de principe en faveur d'une disparition de ces pratiques.

La prévention comme nécessaire préalable

Une position défendue par exemple par l'Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) qui milite pour que "le corps médical s'oriente vers la suppression de ces pratiques", rappelle un représentant de l'association. Et à défaut d'obtenir cette suppression effective, l'Unafam plaide de longue date pour la diffusion d'un guide de bonnes pratiques dans chaque établissement, en identifiant les actions de prévention qui ont été mises en place et celles qui auraient dû l'être pour éviter le recours à la contention et à l'isolement.

L'association insiste sur le fait que ces mesures ne doivent pas être considérées comme des "pratiques thérapeutiques " mais des mesures permettant des soins ultérieurs. Au-delà, il s'agit de former les personnels au respect des droits des patients et de leur dignité, ainsi qu'à la prise en charge de l'agitation et de l'agressivité. La Fnapsy insiste également sur cette dimension de prévention au travers de la formation, estimant que ces mesures relèvent du "dernier, même ultime recours ". Et celles-ci, si elles ont lieu, doivent obéir à une protocolisation permettant de garantir un respect maximum des droits fondamentaux des patients en psychiatrie, et de surcroit être répertoriées, afin d'empêcher des dysfonctionnements dans certains établissements où les recours à l'isolement et à la contention auraient tendance à se multiplier.

Source Santé Mentale