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L'AP-HP utilise et valide une nouvelle méthode pour mener son audit des prescriptions de la Dépakine

le 8 mars 2017

[Hospimedia] L'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a évalué les conditions d'application des conditions de délivrance et de prescription de la Dépakine. Elle s'est appuyée sur une nouvelle méthode, celle des cas vignette, qui a fait ses preuves. Les résultats de l'audit démontrent que certaines recommandations sont parfois complexes à suivre.

L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a mené un audit sur l'application des nouvelles conditions de délivrance et de prescription de la Dépakine et de ses dérivés. Une initiative menée entre décembre 2016 et février 2017, à la suite du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur la prescription de spécialités pharmaceutiques contenant du valproate de sodium. La mise en œuvre de quatre mesures prises par l'AP-HP — le retrait des stocks dans les services, la dispensation nominative, l'organisation de l'archivage dans les pharmacies à usage intérieur (PUI) et la copie de l'accord de soin des femmes en âge de procréer — a été évaluée dans ce cadre, précise le CHU dans un communiqué.
Une méthode innovante a été utilisée, celle des "cas vignette " qui "repose sur une plateforme permettant de suivre les réponses anonymes de chaque praticien à partir d'un cas pratique ". Six cas vignettes ont été élaborés afin de prendre en compte les spécificités des règles de prescription en neurologie, en psychiatrie et en pédiatrie. "Les cas ont été relus et validés par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ", précise l'AP-HP. 3 577 médecins ont participé à cet audit. Les réponses ont fait l'objet d'une analyse du centre d'épidémiologie clinique de l'Hôtel-Dieu.

Des recommandations parfois complexes

"Parmi les 164 prescripteurs fréquents, les deux tiers, soit 65%, déclarent au moins une pratique non conforme aux recommandations ", souligne l'AP-HP dans son communiqué. Cependant, les erreurs jugées "inacceptables ", en raison de leurs conséquences potentielles, sont "très rares ". "Ces résultats démontrent que certaines recommandations sont parfois complexes à mettre en œuvre à l'hôpital par les équipes médicales ", conclut le CHU. Les modalités de recueil de l'accord de soins et les conditions de réévaluation de la prescription figurent parmi les points d'amélioration relevés par cet audit. Des mesures correctives vont être appliquées "sans attendre " sur ces points.
En outre, "la méthode de l'évaluation par cas vignette s'est avérée être en phase avec les attentes des praticiens ", se félicite l'AP-HP. Un constat qui se fonde sur l'évaluation des praticiens ayant participé. L'institution parisienne envisage ainsi de la développer, notamment avec l'ANSM, la Haute Autorité de santé (HAS) ou l'Assurance maladie. L'AP-HP souligne ainsi l'intérêt de cette méthode "pour réduire le délai entre l'énoncé de recommandations nationales et leur application, toucher un large nombre de prescripteurs et confronter les recommandations aux différentes situations que rencontrent les équipes hospitalières ".

Un courrier envoyé à tous les prescripteurs

La Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) va diffuser un courrier à l'ensemble des commissions médicales d'établissements (CME) des établissements dans lesquels la Dépakine ou ses dérivés sont prescrits aux femmes en âge de procréer (15-49 ans). La caisse s'appuie sur ses données de remboursement pour identifier les lieux et le nombre de prescriptions. Avec ce courrier, elle compte rappeler les risques et inciter les CME à "s'assurer que les prescripteurs, qui n'auraient pas déjà veillé au respect de ces conditions [de prescription] et à la bonne information de leurs patientes, le fassent dans les plus brefs délais ".

Source Hospimedia