Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Paroles de... > Article : La souffrance psychique n'est pas une fatalité

Article : La souffrance psychique n'est pas une fatalité

le 4 mai 2016

[Huffington Post] Un jour, cette "chose " est apparue sans que vous y preniez garde. Peut-être avez-vous oublié comment "tout" a commencé, comment le champ de votre existence s'est terriblement réduit. Au départ, vous avez éventuellement souri devant son irrationalité. Vous êtes probablement parvenu à directement chasser de votre esprit cet hôte un peu étrange dont l'absurdité vous convainquait de ne pas vous inquiéter plus. Vos pensées ont repris un cours qui vous était plus familier. Vous avez travaillé, aimé, voyagé, vécu à nouveau.

Finalement, vous n'y pensiez même plus et puis... c'est revenu. Seulement, cette fois-ci, l'hôte ressemblait plus à un invité gênant plus difficile à déloger de l'espace mental où il avait trouvé une place confortable. Sa sournoiserie abolissait la tonalité rassurante de son incongruité. Vous avez tenté de le comprendre pour le déjouer, puisque c'est ainsi que l'on procède pour tous les maux qui affectent l'homme: Vous avez cherché et cherché encore, mais rien à faire, vous n'êtes pas parvenu à vous souvenir. "Ça " s'en est tout de même allé, ou s'est atténué. Et à nouveau, vous avez vécu, travaillé, aimé. Jusqu'à son nouveau surgissement.

Une place unique ne lui suffisait plus. Cette chose s'étirait plus dense, plus forte, plus insidieuse, plus coûteuse, en temps comme en énergie investis pour essayer de l'oublier. Vous savez maintenant que vous ne parviendrez plus à la nier. Surtout qu'elle a finit par avoir des conséquences. Sur votre manière de travailler, d'aimer, de vivre, sur votre identité. Vous ne dormez plus, pas sans l'aide d'un médicament. Vous ne mangez plus, l'hôte s'est emparé de la faim, du goût, du plaisir. Vous devez éviter certains lieux pour des raisons incompréhensibles.

Source Huffington Post