Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Paroles de... > Article : Notre génération a un gros problème avec le Xanax

Article : Notre génération a un gros problème avec le Xanax

le 7 septembre 2017

La consommation de cet anxiolytique est en hausse – de même que les dommages causés à ceux qui en abusent.

L'effet des benzodiazépines est dévastateur. Selon un article du New York Magazine paru en 2012, ils agissent en « supprimant la production des neurotransmetteurs qui interprètent la peur ». En d'autres termes, ils éliminent notre capacité à ressentir le danger, ce qui se traduit, chez les personnes souffrant de trouble panique, par une réduction des crises d'angoisses. Pour celles qui prennent quatre fois la dose recommandée et la mélangent avec de l'alcool, en revanche, cela peut marquer le début de quelque chose de beaucoup plus catastrophique.

Les médecins américains prescrivent des benzodiazépines depuis les années 1960. Commercialisées sous différents noms au fil des années – Valium, Klonopin, Xanax, etc. –, elles comptent désormais parmi les médicaments les plus controversés de la médecine moderne ; elles sont efficaces, certes, mais à quel prix ?

C'est aux États-Unis que l'abus de benzodiazépines est le plus frappant : 5 % de la population adulte en consomme ; 10 à 25 % des consommateurs en dépendent. Parallèlement, près de 9 000 décès liés aux benzodiazépines ont été comptabilisés en 2015 et, depuis l'année 2000, le taux d'overdose a connu une hausse de 500 %. Les benzodiazépines sont d'autant plus létales lorsque combinées avec des opioïdes, ce qui correspond à environ 8 000 de ces décès, et jouent un rôle dans près d'un tiers des overdoses fatales. Cela est dû à l'effet dépressif des benzodiazépines sur le système nerveux central : elles limitent notre respiration et notre fréquence cardiaque en raison des neurotransmetteurs supprimés, et rendent le corps extrêmement vulnérable à d'autres substances.

Elvis, Heath Ledger, Michael Jackson, Amy Winehouse, Whitney Houston ; autant de célébrités qui présentaient des benzodiazépines dans leur système au moment de leur décès. Ce sont toutefois les hommes blancs âgés entre 18 et 34 ans, au chômage et déjà accros à d'autres substances, qui sont les plus susceptibles d'abuser de ces médicaments. Il y a deux raisons à cela : premièrement, leur effet « adoucissant » au moment de la descente d'une autre drogue ; deuxièmement, leur faible coût – les benzodiazépines se vendent à un ou deux euros dans les rues britanniques. Le plus souvent, les gens consomment des benzodiazépines à l'issue d'une nuit blanche passée à prendre d'autres stupéfiants.

Source Vice