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Article : Psychiatrie, le jour où Ariane a perdu le fil

le 6 juillet 2017

[Télérama] Dans un état de fatigue extrême, Ariane K. fait une attaque de panique dans la rue. Très vite elle est arrêtée, menottée et internée d'office sans pouvoir se faire entendre ni contacter un proche. Récit d'un cauchemar qui met en lumière les dérives du système psychiatrique français.

Ariane se souvient que « ce soir-là, le ciel pleurait ». Elle a retrouvé cette phrase griffonnée de sa propre main, dans un cahier qu'elle vient seulement d'avoir le courage de rouvrir, un an après. Elle retardait le moment de relire ces impressions écrites en direct du gouffre où le destin l'a poussée. Une fois le pas franchi, elle juge ces notes insignifiantes, au regard de ce qu'elle a vécu, « comme si aucun mot n'était à la mesure de cette épreuve inconcevable ».

Ce soir-là, donc, Ariane marche dans Paris sous une pluie battante. La vie ne l'a pas épargnée ces derniers temps. Ariane a résisté, résisté, résisté. De toutes ses forces, si bien qu'il ne lui en reste plus aucune. Mère de deux grands adolescents, dont l'un souffre d'un handicap, elle vient de passer sa semaine de vacances au chevet de son compagnon, hospitalisé après un grave accident de voiture. Employée à la direction de la communication d'une grande entreprise, elle doit reprendre son travail dans quelques jours. Mais elle se sent exténuée. Et démunie. Et aussi inquiète. Et perdue. Au début, ces adjectifs perlent au compte-gouttes dans son esprit. Puis ils enflent et tonnent, jusqu'à faire régner la terreur sous son crâne.

Source Télérama