Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Paroles de... > Entretien : La dépression post-partum des jeunes mères, une maladie toujours taboue

Entretien : La dépression post-partum des jeunes mères, une maladie toujours taboue

le 25 mars 2019

C'est une première médicale aux Etats-Unis : un médicament destiné à combattre la dépression des nouvelles mères sera bientôt mis sur le marché. 

En France, les médecins commencent tout juste à prendre en compte cette pathologie, toujours très taboue. Quant à la recherche d'une thérapie, elle est encore au stade du tâtonnement. LCI a donc voulu faire un état des lieux en interrogeant le Dr Philippe Deruelle, gynécologue et secrétaire général du collège national de gynécologie-obstétrique. 

LCI : Dépression post-partum ou baby blues, est-ce la même chose ?

Philippe Deruelle : "Toutes les femmes vont subir après l'accouchement une baisse importante des hormones de grossesse, cumulée à la fatigue et au contre-coup de l'accouchement. On sait que cette chute est à l'origine du baby-blues :  un vague à l'âme qui apparaît dans les trois jours après l'accouchement et disparaît spontanément en deux semaines maximum. La dépression post-partum, elle, est une maladie, avec des signes cliniques beaucoup plus intenses qui vont se prolonger dans le temps et qui ne disparaîtront pas sans une aide médicale. Cela peut aller jusqu'à avoir l'impression d'être incapable de s'occuper de son bébé. Les femmes qui ont déjà fait une dépression, qui ont eu un accouchement traumatique ou qui ont subi des violences à l'accouchement, sont évidemment plus enclines à développer ce malaise généralisé. Et le pire, c'est qu'il y a souvent une incompréhension de la famille. Parce que finalement, cette pathologie est un peu taboue. Résultat, les mères se retrouvent bien souvent contraintes de ne rien dire alors qu'elles ne vont vraiment pas bien. Quelle femme, en effet, oserait avouer qu'elle a envie de rejeter son enfant ?"

Lire la suite de l'interview sur LCI