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Livre : Journal d'un caméléon : le monde en marge de Didier Goupil

le 28 octobre 2016

[Actualitté] Dans les couloirs d’une institution psychiatrique dans laquelle il est interné, un homme cherche on chemin qu’il semble incapable de retrouver deux fois de suite.

Au cours du cheminement de la narration, à la suite de ses héros, dans les arcanes des corridors d’un hôpital tout blanc, Didier GOUPIL déclenche des « flashes back » qui éclairent le dérèglement psychiatrique d’un homme naturellement instable et développe une intéressante théorie sur l’évolution de la société en voie de préférer bientôt externaliser « sa sensibilité, sa folie intérieure  » pour échapper « aux mornes plaines promises par une vie normale  ».

Une externalisation par les mots supposés, une fois couchés sur le papier, délester l’être humain d’une partie de ses obsessions, de ses angoisses, de ses dépressions.

Des mots qui, comme la peinture, serviraient à projeter sur un support physique toutes les affres que subit l’âme pour en endiguer les tourments qui l’agressent.

Et c’est là qu’apparaît un mystère pour moi : pourquoi a-t-il fallu que Didier GOUPIL nomme son héros du patronyme d’un architecte catalan bien vivant, artiste éclectique mais peintre de son état majeur ? Peintre dont Didier GOUPIL signe un portrait-reportage élogieux sur le site de l’artiste.

J’avoue avoir été, là, totalement désarçonné à mon tour et perdu dans mille conjectures. Quel lien avec l’être réel ? Quel message pour cette association ? Quelle folie dans le peintre et son oeuvre ? Toutes interrogations à ce jour restées sans réponse.

Ce n’est pas grave. Ce détour au cœur de la folie ordinaire reste un intéressant moment de lecture qui ne manque pas de mettre en évidence l’étroitesse du chemin qui sépare le “normal” de l’“anormal” et l’extrême facilité qui conduit au passage de l’un à l’autre.

Source Actualitté