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Livre : "Un jour, j’ai porté le monde : ma traversée de la schizophrénie" de Renée Charron

le 22 juin 2017

[Journal de Montréal] Une femme qui a lutté plusieurs années contre la maladie mentale raconte sa descente aux enfers et sa renaissance

Renée Charron, une Lavalloise de 48 ans, a vécu l’enfer de la schizophrénie. Elle a plongé dans les profondeurs de cette maladie mentale, qui touche un Canadien sur cent. Dans un livre touchant, elle nous raconte plusieurs épisodes psychotiques, ses délires de persécution ou mystiques. Elle décrit comment avec le temps des soins appropriés, une médication adéquate et l’amour des siens, elle a appris à contrôler sa maladie, et à la surmonter.

Quels ont été les premiers signes de votre maladie mentale?

Au début, je me suis repliée sur moi-même de plus en plus, je m’isolais beaucoup, j’étais très déprimée, et tranquillement, des idées délirantes sont apparues; je me suis crue espionnée à travers mon ordinateur.

Quel âge aviez-vous à ce moment?

J’avais 29 ans.

Dans vos épisodes psychotiques, racontez ce passage où vous aviez l’impression d’être espionnée...

J’ai eu plusieurs délires où je me suis crue espionnée. Au début, à 29 ans, je croyais que c’était à travers mon ordinateur. Puis plus tard, à 33 ans, je croyais qu’il y avait des caméras et des micros partout. Avec le temps, ce délire est devenu mystique, et alors là, je me croyais observée en permanence par le monde spirituel. En me croyant espionnée «de l’intérieur», je travaillais très fort à tenter de contrôler mes pensées, et c’était épuisant.

Que viviez-vous, alors que vous étiez au cœur de ce délire mystique?

Lorsque mon délire est devenu mystique, j’avais parfois des sortes d’expériences, des «ressentis» bien spéciaux, où j’avais l’impression de recevoir des messages de la part du monde spirituel. Dans l’une de ces expériences, j’ai cru voir le plan de l’univers, depuis sa création, et je croyais voir mon rôle dans ce plan. Je pensais y avoir vu que j’étais l’âme sœur de Jésus. Cela rendait mon épreuve encore plus douloureuse, car je m’imaginais que mes pensées avaient beaucoup de pouvoir, donc il me fallait les contrôler encore plus.

Avez-vous pensé à vous enlever la vie durant ces épisodes?

Oui, car un jour j’ai cru que c’était la solution pour sauver tous les gens que j’aime. Mais l’idée de passer à l’acte me faisait très mal.

Source Journal de Montréal