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Portrait : Une vie pour apprivoiser la schizophrénie

le 22 août 2016

[L'Avantage] Richard Beaudoin, résident de Rimouski, vit avec sa schizophrénie affective depuis ses 20 ans. S’il a accepté de se confier, c’est qu’aujourd’hui, après plus de 30 années de vie aux côtés de cette maladie, il estime que la prévention et le suivi systématiques de ce genre de maladies sont une priorité.

Tout a commencé par un « burn-out », un épuisement professionnel. Après avoir vécu une adolescence tout ce qu’il y a de plus normal en famille à Lac-Mégantic, Richard Beaudoin a commencé à sombrer. Alors qu’il travaillait comme un forcené comme cuisinier en Beauce, il subissait beaucoup de pression : « J’étais débordé, presque tout seul, j’ai fait un burn-out et me suis senti glisser dans l’alcoolisme et la toxicomanie. En 1983, à 20 ans, j’ai été hospitalisé en psychiatrie à Sherbrooke. J’étais totalement déconnecté. On me lavait, on me nourrissait. J’ai vécu un enfer pendant trois mois, j’entendais des voix venant de Dieu, de Satan. J’étais en dépression profonde, mais je voulais continuer à travailler », raconte M. Beaudoin. « J’ai pris des médicaments, ça n’a pas marché, j’ai subi des électrochocs qui m’ont fait revenir, car j’étais devenu un mort-vivant », détaille l’homme de 53 ans.

Une vie de nomade

D’épisodes chaotiques en périodes de « rémission », Richard Beaudoin a changé de villes, de métiers, de familles d’accueil, d’appartements, bon nombre de fois. « Ma famille ne pouvait rien pour moi, j’ai été place en famille d’accueil à 20 ans. Un jour, j’ai arrêté mes médicaments et je suis parti en virée à Québec, j’étais sur un « high », je me suis pris pour un millionnaire alors que je recevais l’aide sociale, j’ai « loadé » ma carte de crédit à plus de 3 000 $. Puis je suis revenu à Sherbrooke, on m’a placé sous lithium et on m’a empêché de travailler. Je suis devenu bipolaire. Je faisais de la paranoïa, j’avais peur des gens, je me cachais sous les abribus. »

En décembre 1989, M. Beaudoin fait l’objet d’un article et de la page Une du journal de Sherbrooke, « La Nouvelle ». En titre : « Malade mental réhabilité », des mots qui font mal à celui qui a touché le fond.

Source L'Avantage