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Post de blog : Camisoles et éthique : peut-on attacher les malades dans les établissements psychiatriques ?

le 30 mai 2016

[Blog Journalisme et santé publique] Dans un monde parfait les insensés  ne seraient jamais attachés dans les établissements psychiatriques. Dans ce monde ces établissements n’auraient jamais été construits – et la raison pure aurait triomphé. Pour l’heure on tente de progresser – c’est notamment pourquoi on a, en France, créé le poste de « contrôleur général des lieux de privation de liberté » (CGLPL). 

« La grande majorité des unités de soins visitée disposent d’une, voire de deux chambres d’isolement et de matériel de contention », explique le rapport qui sera publié aux Editions Dalloz. Pour les médias ce sera « le rapport qui accuse ». « Aucune étude ne prouve l’efficacité thérapeutique de ces mesures », a souligné devant la presse Adeline Hazan, qui voit dans leur développement un « indicateur de la dégradation de la prise en charge médicale des malades ». C’est bien possible. Pour autant serait-ce si simple ?

Pour la CGLPL, ce développement s’explique par « une réduction des effectifs », « la présence insuffisante des médecins », « une évolution de l’approche psycho pathologique » et « un manque de réflexion d’ensemble sur la liberté de circulation des patients ». N’est-ce pas là, pour partie, une lecture réductrice de la réalité psychiatrique ?

« L’impératif de sécurité » est également mis en avant, souligne Adeline Hazan. Selon elle le malade mental « ne bénéficie pas de la représentation qui s’attache à toute maladie: souffrance, fragilité, besoins de soins, compassion » en raison d’un présupposé sur sa dangerosité, « plus alimenté par le traitement médiatique d’évènements exceptionnels que par une réalité statistique d’un quelconque danger ».

Source Journalisme et santé publique, Blog de JY Nau