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Post de blog : De la différence sémantique du terme professionnel et autres considérations paramédico-mentalo !

le 7 septembre 2017

C'est dimanche. Alors s'il fallait recontextualiser, on pourrait dire qu'on en est à ce moment où il est grand temps de dresser le bilan à l'heure ou d'autres dresseront la tablée du repas dominical. Oui c'est dimanche et si votre poulet frites est encore une belle abstraction, si vos invités ne sont pas encore dans la place alors je ne saurais trop vous convier à passer quelques minutes avec moi. 

 Il y avait une logique dans les 4 derniers textes que j'ai publié. Depuis Ascodocpsy où la voie royale vers l'autodidaxie jusqu'à ces 3 chroniques de la vie d'une équipe en service mon but était de montrer l'importance qu'il y a à nous saisir de notre rôle, à l'investir, à être exigeant envers nous-même. Je l'ai dit et le répète, j'ai cette crainte de voir disparaître des postes IDE au profit de métiers moins qualifiés. C'est un poncif que de le dire mais la psychiatrie va mal. Ce qui l'est moins en revanche c'est d'admettre que nous avons, nous infirmiers, une part de responsabilité. C'est parfois notre suffisance, parfois notre négligence, parfois notre manque de nuance qui contribue à faire de la psy ce reflet imparfait de la société. Oui nous sommes des hommes, des femmes et par définition nous sommes imparfaits. Notre imperfection nous pousse parfois à nous retrancher dans une position confortable de victime du genre de celle qui gémit à qui veut l'entendre "nous on voudrait bien offrir des prises en charge de qualité, on est vraiment de valeureux soignants mais comment pouvons nous exercer notre art avec une équipe d'encadrement et une direction aussi médiocre l'une que l'autre, des pseudo-supérieurs qui n'ont pour seul objectif que celui de nous mettre des bâtons dans les roues" . Oui on peut tirer à boulets rouges sur tout ce qui fait un hôpital - et crois moi j'ai plus de respect pour une écrevisse que pour pas mal de cadres - mais cela suffira-t-il à cacher notre part de responsabilité. 

Aux cadres de santé qui passeraient par là (heureuse curiosité intellectuelle!) j'aimerais les inviter à faire preuve d'humilité en méditant les paroles anarchico-bordéliques de stupeflip et de son génial "à bas la hiérarchie":

"Mais qui t'es toi pour me stresser comme ça?

Aux infirmiers, j'aimerais dire, nous ne sommes pas que victime, nous sommes aussi coupable.

- Oh Oh Suzie Q tu te calmes là d'accord!! C'est facile de ne montrer que des mauvais soignants qu'il y en a tellement de bons! Faire le procès d'une profession! Mais t'es qui pour t'autoriser ça? Une gamine avec à peine 5 ans de bouteille, tu peux parler, mais tu parles dans le vide, tu connais rien, tu n'es personne! Fuck You!

C'est vrai! Tu as raison. Qui que tu sois, tu as raison. Mes textes ne sont que les émanations d'un esprit qui accumule peut-être trop de colère, quand à mes anecdotes, elles ne sont que.... ben oui justement, elle ne sont que des anecdotes et donc ne prouvent rien. Elles sont le fruit de mon expérience, elles sont que dalle si ce n'est le vécu d'une soignante lambda, dans un établissement lambda, sur une période lambda. Le tout enrobé de multiples biais d’interprétation possible. Donc toute conclusion qui en serait tirée serait, il va de soi, hâtive. Cela n'est aucunement un travail de recherche - je laisse cela aux chercheurs - mais un simple témoignage... 

Faire le procès de mauvais soignants? Ce n'est pas ma volonté car honnêtement je ne sais pas vraiment ce que cela signifie. Il m'est arrivé de rencontrer des soignants aux vues et pratiques diamétralement opposées aux miennes. De prime abord, leurs façons de faire me laissaient perplexe quand elles ne me faisaient pas bondir, et puis en discutant avec ces soignants, je me suis aperçue qu'il y avait une logique derrière leur approche. Cette approche n'était pas la mienne mais dans leur vision cela tenait debout. Nous sommes tous quelque part sur un continuum qui va de mauvais à bon parfois nous nous rapprochons dangereusement du côté sombre tandis qu'à d'autres moments, les ailes nous poussent, et nous nous envolons vers l'excellence. 

Les soignants que j'ai décrits dans mes récents textes manquent parfois d'apports théoriques mais contrebalancent ce manque par de grandes capacités d'écoute et d'empathie. A l'inverse il m'est arriver de croiser - c'est rare néanmoins - des IDE consacrant beaucoup de temps à la lecture d'articles professionnels, de livres passionnants et qui en même temps semblent éviter de croiser tout patient en restant bien caler dans un fauteuil les yeux rivés sur un pc.

Alors voilà Cher lecteur, cette mise au point étant faite, voici quelques réflexions.

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