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Témoignage : Dépression, sortir la honte de l'équation

le 5 avril 2017

[Radio Canada] Une résidente de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, dénonce la stigmatisation que les personnes dépressives subissent. Pascale Paulin, 45 ans, a récemment publié une chronique dans le journal L'Étoile, dans laquelle elle explique avoir vécu quatre dépressions.

Celle qui a une carrière pleine de succès et une famille qui l’aime n’aurait pas de mal à afficher une façade heureuse. Il serait difficile pour un inconnu de savoir qu’elle compte autant de dépressions à son actif. Avec sa chronique sur les troubles de santé mentale, publiée dans le journal, elle est sortie du placard.

Son but est simple : en finir avec la stigmatisation qui pèse sur les gens victimes de dépression.

« Comment ça se fait qu’on n'entend jamais parler de nos leaders politiques, des gens qui ont beaucoup d’influence dans nos milieux. Je ne crois pas qu’il n’y a personne dans ces milieux-là qui n’ont jamais subi d’épisode de troubles mentaux », affirme-t-elle. Elle ajoute que pour beaucoup de gens, c’est la peur de voir cette information se retourner contre eux qui les empêchent d’en parler.

Un débat à avoir en société

Pour Pascale Paulin, la meilleure manière de guérir, c’est encore d’en parler et d’avoir un vrai débat de société sur le sujet. « Ça doit être lourd de ne pas être capable d’assumer qu’on a cette difficulté-là. Parce qu’il va y avoir des jours où [...] ce sera moins le fun . Ce serait peut-être plus facile si les gens autour de nous le savaient. Il y aura peut-être moins de jugement, puis les gens seront peut-être plus capables de s’entraider. »

Le poids des mots

Pascale Paulin considère maintenant la dépression comme faisant partie de sa vie, mais elle sait ce que vivent les gens qui ont peur même de dire à un pharmacien qu’ils ont besoin d’un médicament. Elle cite l'exemple des gens qui vont se cacher ou chuchoter pour parler à un pharmacien quand ils vont chercher leur médicament. « Parce que si quelqu’un dans la foule ou parmi les gens au comptoir entend le mot antidépresseur, on va peut-être avoir un drôle de regard. »

La honte ne devrait plus être de la partie, estime-t-elle. « Les gens qui souffrent de diabète ou bien de triglycérides, je ne pense pas qu’ils ont honte de leur maladie. Donc, pourquoi est-ce qu’on aurait honte de la maladie mentale? »

Après un long cheminement, Pascale Paulin assume pleinement cette partie d’elle-même. Elle sait qu’elle devra prendre des antidépresseurs toute sa vie et souhaite à présent lever le voile sur les troubles de santé mentale.

Source Radio Canada