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Témoignage : Guérir de l'anorexie

le 22 septembre 2016

[Corps et âme en éveil] Je m’appelle Sabrina Palumbo, j’ai 35 ans. J’ai  souffert de TCA (Troubles du Comportement  Alimentaire) pendant près de quinze ans. Je  vais vous parler un petit peu de mon parcours  qui, je l’espère, donnera de l’espoir et la force de  se battre à de nombreuses personnes concer - nées par les troubles alimentaires qu’elles soient  malades ou proches de malades.

Les troubles alimentaires, qu’est-ce que c’est ?

Vous avez peut-être entendu parler ou lu des choses sur l’anorexie et la boulimie qui sont les deux troubles majeurs du comportement alimentaire. Les plus répandus aussi. Il existe d’autres formes dont on parle moins, comme l’hyperphagie ou l’orthorexie par exemple. Je ne vais pas me lancer dans une description des troubles. Il existedes manuels pour cela et je ne suis pas «psy». Je pourrais vous dire que pour faire le diagnostic d’anorexie mentale, on recherche essentiellement quatre critères :

- un amaigrissement de plus de 15 % du poids initial et/ou un index de masse corporelle (p/T2)inférieur à 17,5,

- une «perte de l’appétit» (anorexie) qui se traduit par une lutte active contre la faim et un évitement «des aliments qui font grossir»,

- une absence de règle (aménorrhée),

- une perturbation de l’image corporelle (dysmorphophobie). Vous l’aurez compris, on sait décrire le symptôme...

En tant qu’ancienne malade, il me semble plus intéressant de vous parler ici de ce qu’il peut cacher. Je souhaite en tout cas inviter à voir au-de-là... Je suis tombée dans la spirale de l’anorexie à 17 ans. Finaliste aux championnats de France d’athlétisme (du 300 mètres cadette), je visais le podium. Comme beaucoup, j’ai commencé pa run « régime » qui a mal tourné. S’en sont suivies15 années de maladie (anorexie boulimie) et un parcours de soins plutôt chaotique. J’ai été hospitalisée à de nombreuses reprises, que ce soit en service spécialisé ou en clinique. L’expérience la plus traumatisante pour moi reste mon enfermement à l’hôpital psychiatrique de mon secteur dont je suis ressortie avec un poids «normal» mais loin d’être guérie un an plus tard.J’ai mis beaucoup de temps à comprendre l’intérêt d’une psychothérapie pourtant indispensable lorsque l’on souffre de troubles alimentaires (et de dépression car les deux sont très liés). A ma décharge, j’ai surtout mis du temps à refaire confiance au corps médical. Par chance j’ai fini par rencontrer les bonnes personnes et j’ai pu faire le travail nécessaire pour guérir. J’ai ainsi fait deux thérapies (psychothérapie et TCC) et je suis maintenant en analyse pour mieux comprendre mon histoire et me mettre au clair avec le passé

Source Corps et âme en éveil