Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Paroles de... > Témoignage : "J’utilise mon vécu de schizophrène pour redonner aux patients confiance en eux"

Témoignage : "J’utilise mon vécu de schizophrène pour redonner aux patients confiance en eux"

le 11 mai 2017

[Le Parisien] Les mots sont pesés pour être juste. Au plus près de ce qu’elle a vécu, de ce qu’elle vivra sûrement encore, mais surtout pour respecter ceux que ses « patients » ne mettent pas encore sur leurs souffrances. Kathy Abitbol a 40 ans, le regard humble, comme pour s’excuser d’être « différente », et l’empathie à fleur de peau.

A 18 ans, les premiers troubles psychotiques se font sentir. Violemment. Des bouffées délirantes, qui brusquement la font chavirer. Puis le couperet tombe, celui qui l’isolera de ses amis, de sa vie, de ses études : Kathy est atteinte de troubles schizophrènes. Sa vie sociale, ses envies, son avenir auraient pu s’arrêter là. Mais, celle qui depuis 5 ans travaille comme « médiatrice santé pair » au centre médico-psychologique (CMP) de Fontenay a su trouver la force de contrer la fatalité. Aujourd’hui, elle renverse les stigmates et se sert de ce parcours pour aider les patients à trouver leur chemin.

« Je connais les problèmes que les personnes en soin rencontrent au quotidien, qu’ils soient cognitifs ou sociaux. Je sais aussi qu’en période de crise, on a des difficultés d’interprétation compliquées en milieu professionnel, confie Kathy. J’ai fait dix ans d’analyse, je n’ai pas la prétention de soigner, mais je me connais suffisamment pour me servir de mon vécu dans mon travail ». Mariée, maman de trois enfants, Kathy veut « donner de l’espoir ».

Source Le Parisien

 

 

« Quand on sait que l’autre a réussi, l’identification peut aider les personnes en soin à se questionner sur leur propre identité ». Un questionnement qui l’occupe encore elle-même, interrogeant sans cesse sa relation aux autres « aussi bien avec les professionnels qu’avec les personnes en soin » pour apprendre d’elle-même. Et s’il y a bien une chose qu’elle sait mieux que quiconque c’est que « le travail est un facteur de rétablissement ».