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Témoignage : "Je suis alcoolique"

le 31 août 2016

[Madmoizelle] Quand à 17 ans cette madmoiZelle a commencé à boire, ça a été le début d'une véritable descente aux enfers. Il lui a fallu des années pour prendre conscience de sa maladie, et ainsi pouvoir la combattre.

Je ne me souviens plus vraiment quand est-ce que tout ça a commencé. Quand est-ce que j’ai commencé à lâcher prise et perdre le contrôle de ma consommation d’alcool.

Ce que je sais, c’est que c’est arrivé lentement. Telle une maladie sournoise qui se glisse doucement dans le corps d’une personne et infecte tour à tour chaque organe, chaque artère, chaque cellule.

Je ne me souviens plus vraiment de ces soirées, celles passées à boire jusqu’à perdre le contrôle. Bercée par l’ivresse, il m’arrivait de faire des choses que je n’aurais jamais faites en étant sobre. Le produit dévoilait un « moi » différent. Un « moi » sûre d’elle, plus forte, plus drôle.

J’y ai pris goût. J’ai pris goût à cette substance que l’on voit partout. Dans les bars, les soirées, sur les panneaux publicitaires, dans les magazines, sur Internet, à la radio… Ce produit présent partout à l’extérieur s’est collé à moi, s’y est greffé, tel une nouvelle partie de moi, et il ne m’a pas quitté depuis. Et il ne me quittera jamais.

Une drogue galvanisante

Je crois que mon histoire avec l’alcool commence à partir de la fin du lycée. Ma consommation d’alcool a augmenté lors des soirées étudiantes ; elle passait inaperçue car tout le monde buvait trop.

Avant ça, j’étais ce que beaucoup considèrent comme une jeune fille exemplaire. J’exécrais l’alcool, le tabac, la viande rouge et les aliments frits. Je me couchais tôt, je buvais un litre d’eau par jour, et prenais autant de douches qu’il était possible d’en prendre.

Ces « bonnes habitudes » ont disparu lentement à cause de l’alcool. Je me souviens encore de ces jours où je ne me lavais pas et où j’enfilais rapidement un jean et un t-shirt pour aller acheter ma « dose ».

L’alcool est une drogue. Pour moi, il s’agit même d’une drogue dure. Dont il est difficile, voire impossible, de se détacher.

Source Madmoizelle