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Témoignage : "Mon hyperactivité mentale n’est plus un handicap"

le 7 juillet 2016

[Femina] Diagnostiquée à la quarantaine, Sabine prend depuis deux ans un dérivé de la Ritaline. Ce traitement lui permet de profiter pleinement de ses filles. Et de voir la vie autrement.

Les gens tombent souvent de haut quand ils apprennent que je souffre de TDAH (trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité). C’est que, grâce à la médication, j’ai l’air doux et posé. Mais dans ma tête ça va toujours à 100 à l’heure. J’ai dix idées qui arrivent à la minute. Mon compagnon, qui a été mon «coach organisationnel» pendant des années, peut en témoigner. A chaque fois que je commence une activité, je me laisse distraire en cours de route par une autre, ainsi de suite. Résultat: j’oublie systématiquement mon téléphone portable, mes clés, le café que je me suis fait couler… Je me disperse à tel point qu’il me faut deux heures le matin pour me préparer avant d’aller au travail. Je fonctionne ainsi depuis toute petite. J’ai réussi à m’en accommoder en prenant plus de temps pour faire les choses. Du côté de mon entourage, on ne me l’a jamais reproché. Tout au plus me considérait-on comme l’originale de service, la rigolote toujours pleine d’idées et souvent dans la lune. Bref, je le vivais plutôt bien.

Faute de temps, les problèmes ont commencés

Il a fallu que je devienne maman pour que ça se transforme en handicap. Une naissance suivie, deux ans plus tard, d’une deuxième: mon espace-temps s’est réduit comme peau de chagrin et les problèmes ont commencé. J’étais constamment débordée et stressée, dans l’incapacité de m’organiser. Une simple promenade avec mes filles prenait des allures d’expédition. J’ai beaucoup culpabilisé, croyant que je n’étais pas faite pour avoir des enfants. Je me souviens avoir appelé à l’aide d’autres mamans pour leur demander comment elles faisaient. Elles me répondaient: «Ça va aller, tu vas y arriver.» Mais ça empirait. Je devenais de plus en plus nerveuse et fatiguée. Alors que je n’avais jamais eu de problème au niveau professionnel – quand j’évolue dans un domaine qui me passionne, je parviens à canaliser mon énergie – la fatigue a commencé à empiéter sur mon travail. Jusque-là, j’avais toujours trouvé des subterfuges pour m’en sortir, sans m’en rendre compte, à l’image de quelqu’un d’illettré qui ne veut pas que ça se sache. Mais je n’y arrivais plus. Mon cerveau travaillait trop, il n’avait plus d’espace pour souffler.

Source Femina