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Article : François Vatel se serait-il suicidé s’il avait eu un smartphone ?

le 8 décembre 2017

Les évolutions des outils connectés et de la e-santé soulèvent beaucoup d’enthousiasme : une myriade de dispositifs permettent désormais d’agir préventivement et proactivement, en temps réel et en situation écologique. Ils offrent un potentiel inédit de diminution du grain d’analyse et d’intervention.

Ces évolutions suscitent et s’accompagnent d’évolutions majeures des catégories d’entendement en santé mentale. Des micro-interventions beaucoup plus ciblées, évolutives et contextualisées que ne le permettaient les précédentes approches appliquant des « macro-interventions » à des « macropathologies » sont désormais possibles. Le Web 3.0 modifie l’écosystème de santé mentale, favorisant l’apparition de nouveaux acteurs et enjeux et provoquant de nombreuses inquiétudes, s’agissant d’évaluation et de régulation. Le transfert des responsabilités de l’État à l’individu, la normativité de l’autonomie du citoyen 3.0 idéal, la fragmentation des juridictions, l’ouverture de zones d’expertises aux frontières et le développement de pratiques entre la médecine, l’autogestion et le bien-être constituent autant d’enjeux sociologiques et politico-économiques. Il est nécessaire de doter les acteurs de la e-santé de l’outillage conceptuel, culturel, technique et des moyens de comprendre les configurations sociales « 3.0 » dans lesquelles ils se trouvent pris afin qu’ils puissent devenir des acteurs éclairés de ce nouveau système sociotechnique.

Briffault Xavier, Morgiève Margot, « François Vatel se serait-il suicidé s’il avait eu un smartphone ? Potentiels de soin et conséquences épistémologiques des technologies mobiles en santé mentale », PSN , 2017/3 (Volume 15), p. 47-70.

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