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Article : Méthylphénidate (Ritaline°), dernier choix dans l'hyperactivité

le 23 août 2017

Les résultats de plusieurs dizaines d'essais cliniques montrent que le méthylphénidate (Ritaline° ou autre) est mal évalué. Son efficacité est au mieux modeste, et il expose à des effets indésirables graves.

Chez les enfants, le diagnostic de syndrome d'hyperactivité avec déficit de l'attention est porté sur l'association de symptômes non spécifiques dont agitation motrice, déficit de l'attention et impulsivité. Ses limites sont floues. Ses conséquences sont sociales, scolaires et familiales.

Des techniques de thérapie comportementale semblent efficaces pour réduire les symptômes. Le méthylphénidate (Ritaline°), un amphétaminique psychostimulant, semble être une dernière option, chez les enfants dont le comportement reste très perturbé malgré une prise en charge non médicamenteuse.

Selon une synthèse qui a rassemblé les données de dizaines d'essais cliniques, l'évaluation du méthylphénidate chez des enfants et des adolescents souffrant d'un syndrome d'hyperactivité avec déficit de l'attention est de faible qualité. Selon ces données, au bout de quelques semaines de traitement, l'efficacité semble modeste sur les symptômes, la qualité de vie et le comportement scolaire.

Les effets indésirables à long terme n'ont pas été étudiés dans des essais comparatifs alors que le méthylphénidate est connu pour exposer à des effets indésirables graves cardiovasculaires et neuropsychiques.

En 2016 en France, environ 730 000 boîtes de méthylphénidate (Ritaline° ou autre) ont été remboursées pour 74 000 personnes, dont environ 62 000 jeunes âgés de moins de 20 ans. Le nombre de boîtes vendues est passé de 26 000 en 1996, à 220 000 en 2005, et à plus de 600 000 en 2014. Une augmentation inquiétante vue l'efficacité très limitée de ce médicament et ses risques établis.

Source Revue Prescrire